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Savez-vous ce que sont les maladies chroniques invalidantes? C’est un handicap encore peu connu, et pourtant, 1 personne sur 5 en France est touchée. Comment appréhender ces maladies au sein de l’entreprise? Voici des pistes possibles.

Quand on pense handicap, on pense souvent handicap moteur, handicap visuel, auditif, mental, ou encore psychique mais on oublie encore souvent les maladies chroniques invalidantes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: aujourd’hui, en France, 15 millions de personnes seraient concernées d’après le Ministère de la Santé, soit une personne sur 5 et pour près de la moitié des personnes, la maladie survient alors qu’elles sont encore dans la vie active.

Quelles sont les maladies invalidantes?

Maladies cardiovasculaires, diabète, insuffisance rénale chronique, hépatites, cancers, maladies respiratoires, sclérose en plaques, maladies de l’appareil digestif, VIH… Ces maladies sont nombreuses. Entraînant des problèmes de santé et des incapacités nécessitant une prise en charge continue pendant une période de plusieurs années, ce sont donc des maladies de longue durée, évolutives, souvent partiellement invalidantes et susceptibles de complications.

Talentéo s’attache aujourd’hui à vous parler de ces cas encore trop méconnus dans le monde de l’entreprise, et pourtant si nombreux, et vous donne quelques pistes de réflexion.

Maladies chroniques et travail

Les maladies chroniques sont encore un sujet « caché », « anxiogène », « mal connu » et « mal appréhendé » par les organisations du travail -collègues et hiérarchie- qui méconnaissent les effets de la maladie et des traitements dans le travail, en faisant oublier que la personne peut être en difficulté: séquelles physiques, douleur, fatigabilité, effets secondaires des traitements, troubles anxieux… Ce manque d’information, cette méconnaissance de la maladie et la façon de l’appréhender peuvent contribuer en grande partie à la marginalisation du salarié.

La réinsertion dans le monde professionnel et la reprise d’emploi pour les personnes touchées sont vécues pour beaucoup comme une source d’angoisse compte tenu de la fatigabilité induite par la maladie et ses traitements, ainsi que de la durée plus ou moins importante de l’arrêt. Conséquences: peur de parler de sa maladie, d’être regardé différemment, de ne pas être à la hauteur, de ne pas pouvoir être aussi performant qu’avant, de devoir s’absenter et désorganiser le service pour des traitements, peur d’être déconnecté, de devoir se réapproprier de nouveaux outils de travail, peur de la perte d’emploi etc. Les personnes touchées ont alors souvent tendance à cacher leur état par peur des conséquences, des jugements, du rejet, des regards, de l’isolement…

Pour autant, grâce aux progrès de la médecine et des traitements, la majorité des personnes souffrant de maladies invalidantes peuvent -et veulent- continuer à travailler. De plus, de nombreuses recherches montrent que le travail est un élément majeur de la qualité de vie des personnes et que le retour au travail participe pour beaucoup à la phase de reconstruction et de guérison de la personne.

Signalons que la maladie invalidante est entrée officiellement en 2005 dans le champ de définition du handicap et qu’il est nécessaire de faire tomber certaines idées reçues et d’aménager un cadre professionnel. Très peu de salariés souffrant de ces maladies se définissent comme personnes handicapées.

Le rôle des entreprises et les pistes d’action

Face à une économie en forte mutation, à un contexte de pénurie de compétences, au vieillissement de la population, au recul de l’âge de départ en retraite et à un nombre croissant de salariés souffrant de maladies chroniques, les entreprises prennent progressivement conscience de la nécessité d’aider leurs collaborateurs à trouver les informations et une écoute primordiale pour continuer ou reprendre leur travail, tout en respectant les contraintes dues à la maladie ainsi que les contraintes propres à l’entreprise.

C’est au salarié de prendre l’initiative de parler: encore faut-il qu’il sache qu’on peut l’aider et à qui il peut s’adresser: le rôle des services de santé au travail et leur collaboration étroite avec le service RH est essentielle.

Concrètement, comment faire?

  • Communiquer dans l’entreprise sur le sujet de la maladie et des actions mises en place par l’employeur, pour rassurer et donner un signal aux salariés, lesquels peuvent, par pudeur, hésiter à amener leur maladie dans l’entreprise.
  • Garder le lien avec le collaborateur « malade », mettre en place un véritable dialogue et lui apporter tout le soutien nécessaire pour l’aider à reprendre son travail.
  • Informer et sensibiliser l’encadrement et le service RH aux effets de la maladie et de ses traitements pour mieux comprendre la situation et mieux préparer le maintien/retour à l’emploi: démystifier les maladies chroniques, connaitre leurs impacts principaux -physiques et psychologiques-, les effets secondaires des traitements, les ressentis des personnes malades…
  • Prendre en compte les contraintes et les attentes du salarié et les adapter aux contraintes de l’entreprise.

Et au final, tout le monde s’y retrouve: entreprises et salariés!

  • Un impact positif sur la meilleure santé du salarié et sur sa reconstruction psychologique.
  • Des répercussions sur l’engagement et donc sur l’efficacité des équipes.
  • Une diminution de coûts liés à l’absentéisme et dépenses associées réduites: prévoyance, nouveaux recrutements, formations, ruptures de contrats…
  • Un renforcement de la responsabilité sociétale de l’entreprise à une époque où la santé et le bien-être au travail sont placés au cœur du débat social.
Vous trouverez plus d’informations sur le site Travail & Maladies Chroniques Evolutives, élaboré par l’ARACT Aquitaine et ses partenaires dans le cadre d’un projet Européen, site dédié aux professionnels du maintien dans l’emploi, aux salariés et aux DRH.

Vous avez une remarque à ajouter ou une question concernant les maladies chroniques invalidantes ? Venez commenter sur les réseaux sociaux.

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