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Les maladies chroniques invalidantes: 1 personne sur 5 est touchée

Savez-vous ce que sont les maladies chroniques invalidantes? C’est un handicap encore peu connu, et pourtant, 1 personne sur 5 en France est touchée. Comment appréhender ces maladies au sein de l’entreprise? Voici des pistes possibles.

En cette période estivale nous vous proposons de revenir sur l’un de nos articles les plus lus. Article original publié le 10 avril 2014.

Quand on pense handicap, on pense souvent handicap moteur, handicap visuel, auditif, mental, ou encore psychique mais on oublie encore souvent les maladies chroniques invalidantes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: aujourd’hui, en France, 15 millions de personnes seraient concernées d’après le Ministère de la Santé, soit une personne sur 5 et pour près de la moitié des personnes, la maladie survient alors qu’elles sont encore dans la vie active.

Quelles sont les maladies invalidantes?

Maladies cardiovasculaires, diabète, insuffisance rénale chronique, hépatites, cancers, maladies respiratoires, sclérose en plaques, maladies de l’appareil digestif, VIH… Ces maladies sont nombreuses. Entraînant des problèmes de santé et des incapacités nécessitant une prise en charge continue pendant une période de plusieurs années, ce sont donc des maladies de longue durée, évolutives, souvent partiellement invalidantes et susceptibles de complications.

Talentéo s’attache aujourd’hui à vous parler de ces cas encore trop méconnus dans le monde de l’entreprise, et pourtant si nombreux, et vous donne quelques pistes de réflexion.

Maladies chroniques et travail

Les maladies chroniques sont encore un sujet « caché », « anxiogène », « mal connu » et « mal appréhendé » par les organisations du travail -collègues et hiérarchie- qui méconnaissent les effets de la maladie et des traitements dans le travail, en faisant oublier que la personne peut être en difficulté: séquelles physiques, douleur, fatigabilité, effets secondaires des traitements, troubles anxieux… Ce manque d’information, cette méconnaissance de la maladie et la façon de l’appréhender peuvent contribuer en grande partie à la marginalisation du salarié.

La réinsertion dans le monde professionnel et la reprise d’emploi pour les personnes touchées sont vécues pour beaucoup comme une source d’angoisse compte tenu de la fatigabilité induite par la maladie et ses traitements, ainsi que de la durée plus ou moins importante de l’arrêt. Conséquences: peur de parler de sa maladie, d’être regardé différemment, de ne pas être à la hauteur, de ne pas pouvoir être aussi performant qu’avant, de devoir s’absenter et désorganiser le service pour des traitements, peur d’être déconnecté, de devoir se réapproprier de nouveaux outils de travail, peur de la perte d’emploi etc. Les personnes touchées ont alors souvent tendance à cacher leur état par peur des conséquences, des jugements, du rejet, des regards, de l’isolement…

Pour autant, grâce aux progrès de la médecine et des traitements, la majorité des personnes souffrant de maladies invalidantes peuvent -et veulent- continuer à travailler. De plus, de nombreuses recherches montrent que le travail est un élément majeur de la qualité de vie des personnes et que le retour au travail participe pour beaucoup à la phase de reconstruction et de guérison de la personne.

Signalons que la maladie invalidante est entrée officiellement en 2005 dans le champ de définition du handicap et qu’il est nécessaire de faire tomber certaines idées reçues et d’aménager un cadre professionnel. Très peu de salariés souffrant de ces maladies se définissent comme personnes handicapées.

Le rôle des entreprises et les pistes d’action

Face à une économie en forte mutation, à un contexte de pénurie de compétences, au vieillissement de la population, au recul de l’âge de départ en retraite et à un nombre croissant de salariés souffrant de maladies chroniques, les entreprises prennent progressivement conscience de la nécessité d’aider leurs collaborateurs à trouver les informations et une écoute primordiale pour continuer ou reprendre leur travail, tout en respectant les contraintes dues à la maladie ainsi que les contraintes propres à l’entreprise.

C’est au salarié de prendre l’initiative de parler: encore faut-il qu’il sache qu’on peut l’aider et à qui il peut s’adresser: le rôle des services de santé au travail et leur collaboration étroite avec le service RH est essentielle.

Concrètement, comment faire?

  • Communiquer dans l’entreprise sur le sujet de la maladie et des actions mises en place par l’employeur, pour rassurer et donner un signal aux salariés, lesquels peuvent, par pudeur, hésiter à amener leur maladie dans l’entreprise.
  • Garder le lien avec le collaborateur « malade », mettre en place un véritable dialogue et lui apporter tout le soutien nécessaire pour l’aider à reprendre son travail.
  • Informer et sensibiliser l’encadrement et le service RH aux effets de la maladie et de ses traitements pour mieux comprendre la situation et mieux préparer le maintien/retour à l’emploi: démystifier les maladies chroniques, connaitre leurs impacts principaux -physiques et psychologiques-, les effets secondaires des traitements, les ressentis des personnes malades…
  • Prendre en compte les contraintes et les attentes du salarié et les adapter aux contraintes de l’entreprise.

Et au final, tout le monde s’y retrouve: entreprises et salariés!

  • Un impact positif sur la meilleure santé du salarié et sur sa reconstruction psychologique.
  • Des répercussions sur l’engagement et donc sur l’efficacité des équipes.
  • Une diminution de coûts liés à l’absentéisme et dépenses associées réduites: prévoyance, nouveaux recrutements, formations, ruptures de contrats…
  • Un renforcement de la responsabilité sociétale de l’entreprise à une époque où la santé et le bien-être au travail sont placés au cœur du débat social.

Vous trouverez plus d’informations sur le site Travail & Maladies Chroniques Evolutives, élaboré par l’ARACT Aquitaine et ses partenaires dans le cadre d’un projet Européen, site dédié aux professionnels du maintien dans l’emploi, aux salariés et aux DRH.

Vous pouvez également retrouver le dossier de l’Agefiph intitulé Travailler avec une personne handicapée atteinte d’une maladie chronique évolutive.

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Vous avez une remarque à ajouter ou une question concernant les maladies chroniques invalidantes? Venez commenter en bas de l’article.

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Commentaires (13)

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Vardanyan

19 avril 2017 - 1 h 21 min

Bonjour jevoudre savoir Avec la maladi bronchid qronique j ai beneficier de l’aah ou non,merci

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Youcef

27 mai 2016 - 19 h 45 min

Bonjour j fait 3 opération du hérnie discale l4l5 etl5s1 deux fois j reconnu à MDPH qualité travailleur handicapé et j la carte de stationnement et la carte priorité et j la AAh’esque j le droit à la carte invalidité et j fait 2 doit la phlébite.cordialment

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pottier

19 janvier 2016 - 11 h 41 min

Merci Baptiste de votre réponse,je n’avais pas pensé de voir auprés de la MDPH.

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pottier

19 janvier 2016 - 9 h 47 min

Bonjour
J’ai 54 ans j’arrive en fin de droits assédic,vu mes problèmes de dos reconnus (chroniques invalidante) que puis-je toucher financièrement.J’ai la reconnaissance de travailleur handicapé,carte de priorité.Merci si quelqu’un a la réponse.

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    Baptiste Juppet

    19 janvier 2016 - 11 h 08 min

    Bonjour,

    Je vous invite à vous rapprocher de la MDPH de votre département. Elle pourra vous aider sur l’attribution d’aides.

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moro

5 août 2015 - 18 h 05 min

la bronchite chronique est elle reconnue invalidante ?

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    Baptiste Juppet

    7 août 2015 - 15 h 26 min

    Bonjour Moro,

    Je vous invite à vous renseigner auprès de votre médecin traitant et de l’assurance maladie sur cette question.

    Bonne journée,

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defontaine

10 juillet 2015 - 12 h 29 min

Bonjour,j’ai un staphylococcus aureus ,je me permets de vous demandez si c’est une maladie dit invalidante,sachant que je suis en fauteuil roulant pour sortir …Merci a vous

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    c.degarcia

    10 juillet 2015 - 15 h 03 min

    Bonjour ! Merci pour votre message. Je vous invite à vous rapprocher de votre médecin traitant et de votre Caisse d’Assurance Maladie qui pourront vous orienter.

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claude

16 juin 2014 - 18 h 28 min

comment une personne souffrant de la maladie de chrone de façon importante, et étant sans emploi peut être reconnu en longue maladie
elle est déjà en ALD, mais ne touche qu’un peu d’ASSEDIC

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morel

9 mai 2014 - 4 h 45 min

Bonjour,
Je vous remercie pour cet article qui milite contre le tabou de la maladie de longue durée, ou de ce handicap caché que sont les maladies invalidantes. Ces situations ont particulièrement difficiles pour la salarié malade, notamment lorsque sa maladie est « orpheline », « mal identifiée », ou qu’elle ne répond pas à une identification simple pour les autres : honte, malaise, sentiment de ne servir à rein, de pénaliser l’équipe, sensation d ‘être identifié fainéant, hypocondriaque, douillet, souvent suspecté « dépressif face au travail » sans aucune volonté pour agir sur son état, etc…
Vous apportez des pistes pour réduire ces malaises dans l’entreprise. Avez-vous déjà abordé ce sujet sous l’angle des demandeurs d’emploi ? Comment l’aborder avec le Pôle emploi et avec les recruteurs ? Comment expliquer sa situation, faire accepter la recherche d’un temps partiel ?
Comment « survivre » à la période d’essai ?
Merci de vos conseils et avis,
Carole

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    Florence Saubatte

    16 mai 2014 - 16 h 22 min

    Bonjour,
    La situation de quelqu’un qui souffre d’une maladie chronique est délicate à aborder avec un recruteur. Tout dépendra si vous bénéficiez ou non d’une RQTH.
    Si ce n’est pas le cas (vous ne l’avez pas souhaité ou vous ne l’avez pas obtenue), informez en votre conseiller Pôle Emploi (pour justifier de la recherche de poste à temps partiel notamment), par contre nous vous déconseillons d’aborder le sujet avec un recruteur (la santé est d’ailleurs un élément discriminatoire dans un entretien de recrutement).
    Notre conseil: allez au bout du recrutement et en fonction de l’interlocuteur final que vous aurez et du contenu de poste que l’on vous aura présenté avec toutes ses contraintes, vous serez à même de décider si vous abordez votre maladie.
    Si vous êtes retenu, parlez-en avec le médecin du travail lors de la visite obligatoire (il est tenu au secret professionnel) et sollicitez le référent handicap (ou à défaut un responsable Ressources Humaines). Des solutions différentes sont apportées selon chaque cas.
    Bien cordialement,
    Florence Saubatte

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Anelyse Marceau

14 avril 2014 - 16 h 16 min

Bonjour,
C’est vrai que c’est un véritable soucis autant coté dirigeant, manager, que du côté de la personne atteinte. Il est nécessaire qu’une communication sincère se mette en place ou continue si elle existait déjà entre eux. La CNV est une bonne méthode pour cette prise en compte, mais ce n’est pas toujours évident d’impliquer chaque partie dans ce type de communication.
C’est un vaste sujet !
Merci pour votre article.

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