Du 28 août au 8 septembre 2024, Paris accueillera les Jeux Paralympiques. D’ici là, Talentéo vous présente tous les sports qui seront présents à l’affiche de cette édition. Aujourd’hui, on prépare ses plus belles rames pour parler para aviron.

Les épreuves de para aviron des Jeux Paralympiques de Paris 2024 auront lieu du 30 août au 1er septembre du côté du stade nautique olympique de Vaires-sur-Marne, à environ 30 km à l’est de Paris. Présentation.

L’histoire de l’aviron…

Nous trouvons des traces de bateau comme moyen de locomotion depuis des millénaires. On a découvert en Finlande une première représentation d’un transport sur l’eau avec des rames qui daterait de 5800 av JC. Après bien des développements et autres déclinaisons à travers le monde, l’aviron que nous connaissons aujourd’hui apparaît lui en Angleterre, avec notamment la première course mythique entre les universités de Oxford et Cambridge. La première “Boat Race” a eu lieu en 1829 sur la Tamise, et existe encore de nos jours, se jouant tous les ans. Elle est même télévisée et est l’un des événements sportifs les plus suivis au monde ! Des clubs se créent un peu partout, et le sport se hisse comme discipline olympique dès les premiers Jeux en 1896. Pour autant, une mer agitée dans le port du Pirée voit la compétition être annulée. Les premiers médaillés arrivent finalement 4 ans après à Paris.

Le para aviron, d’abord un sport pour les non-voyants

La première mention du para aviron est apparue au début du XXe siècle en Grande-Bretagne. Avant la Première Guerre mondiale, George Clifford Brown, directeur de Worcester College for the Blind (une école pour non-voyants), veut démontrer le principe de l’égalité. Il décide donc de ne promouvoir des sports que dans lesquels ses élèves peuvent concourir sans modifications. Cela permettant qu’ils se sentent considérés comme équivalents à leurs camarades voyants. En 1927, le “The Thames Challenge Cup” est le premier événement à encourager le mélange.

Dans la même période, et ce à la suite de la Première Guerre mondiale, des vétérans aveugles utilisent le para aviron pour se rééduquer. Un barreur voyant permettait à tous de concourir à égalité. Après la Deuxième Guerre mondiale, ce sont les États-Unis qui mettent en place des compétitions. Des vétérans de l’armée et des civiles, tous avec des problèmes visuels, s’affrontent. Cela mène à la création en 1980 du Philadelphia Rowing Program for the Disabled, le premier club d’aviron dédié aux personnes en situation de handicap. Par la suite, le reste du monde s’y met, et la FISA (Fédération Internationale des Sociétés d’Aviron) est créée. 

Le para aviron aux Jeux Paralympiques

Dès 2003, la FISA propose des événements en vue de réussir à faire du para aviron une discipline paralympique. Et c’est chose réussie puisque le sport fait son apparition aux Jeux de Pékin en 2008. Les épreuves se disputent alors sur une distance de 1000 mètres. Cependant, la distance est rallongée à 2000 mètres à Tokyo, s’alignant sur celle des Jeux Olympiques. Il y aura également une nouveauté pour Paris puisque 5 épreuves auront lieu, contre 4 précédemment

Les épreuves et les classifications

Tout d’abord, cet été, les spectateurs du para aviron ne seront pas perdus. En effet, les épreuves paralympiques auront toutes leurs pendants olympiques. Nous retrouverons donc de l’individuel avec le skiff, c’est-à-dire un bateau à une place.

Nous pourrons également assister à des épreuves en deux de couple, embarcation à deux rameurs, chacun ayant deux rames. La dernière épreuve est celle du quatre barré, quatre rameurs tenant tous une rame, et un barreur qui dirige l’embarcation avec un gouvernail.

Les athlètes sont répartis en trois catégories de handicap, toutes débutant par les lettres PR, soit Para Rowing (para aviron en anglais).

  • PR1 : réservé aux rameurs ne pouvant pas utiliser leurs jambes et leur tronc. Ils sont seuls dans leur embarcation et utilisent deux rames.
  • PR2 : équipage de deux rameurs (un homme et une femme) chacun ayant deux rames. Réservé aux rameurs ne pouvant utiliser que le haut du corps pour ramer. Les jambes restent tendues et le siège fixe.
  • PR3 : équipage composé de quatre rameur.se.s (deux femmes et deux hommes), et d’un barreur. Chaque rameur n’utilise qu’une seule rame, côté droit ou gauche. Catégorie regroupant les personnes utilisant leurs bras, tronc et jambes, dont 2 déficients visuels maximum dans le bateau.

Le skiff est donc réservé au PR1, avec des épreuves masculines et féminines. Les PR2 eux n’ont accès qu’aux deux de couple, en mixte. En PR3, les sportifs ont le choix entre le deux de couple ou le quatre barré, à chaque fois en mixte.

Trouvez un job autrement !

Un bateau par catégorie déjà qualifiée : c’est historique !

La France est jeune aux Jeux Paralympiques en para aviron, mais a pu briller par moments. Présents seulement depuis les Jeux de 2012, les Bleus ont quand même remporté 2 médailles d’argent en Grande-Bretagne, avant de glaner le bronze à Rio puis deux nouveaux bronzes à Tokyo.

Pour Paris, l’équipe officielle ne sera annoncée que fin juin. Cependant, nous savons déjà que 5 quotas non nominatifs ont été récupérés, soit un par catégorie ! C’est d’ailleurs historique pour nos Tricolores, qui de plus sont la seule nation à le faire. 

Des espoirs de médailles

C’est lors des Mondiaux à Belgrade en septembre 2023 que les premiers billets ont été récupérés. Il y a d’abord eu le quatre barré mixte PR3. Ils ont fini 5ème, mais une place en finale était suffisante pour se qualifier pour Paris. Margot Boulet, Erika Sauzeau, Rémy Taranto, Grégoire Bireau et leur barreuse Emilie Acquistapace composaient le bateau. Les trois premiers cités faisaient partie de l’équipage décoré du bronze à Tokyo en 2021.

Elur Alberdi et Laurent Cadot ont eux fini sur la dernière place du podium en République Tchèque. Une médaille et un quota en plus. Certes, ils étaient tenants du titre, mais quand on sait que la première citée sortait d’une victoire contre un cancer quelques semaines avant, c’est plus qu’un exploit.

C’est “la médaille de la vie, la médaille de l’espoir” déclarait la principale concernée. Au même endroit, Nathalie Benoit a quant à elle décroché l’argent en skiff féminin PR1. Elle avait pris la médaille de bronze aussi à Tokyo et pourra donc potentiellement faire mieux dans la capitale française.

Alexis Sanchez – Source : Facebook équipe de France d’Aviron

Un duo inédit et un petit nouveau !

Le 21 mai, à Lucerne en Suisse, c’était la dernière chance de qualification pour les Jeux. Et les Français ne se sont pas loupés. Avec d’abord Alexis Sanchez, en skiff PR1. Il a remporté l’or avec brio, finissant avec 14 secondes d’avance sur le Brésilien Rene Campos Pereira, pourtant en bronze aux derniers Jeux. Il récupère le dernier quota en jeu de la catégorie, et pourrait vivre ses premières paralympiades. Une autre pourrait elle vivre ses… quatrièmes Jeux !

Perle Bouge, de son côté, a tout connu depuis Londres, prenant même l’argent en Grande-Bretagne et le bronze à Rio, en deux de couple mixte PR2. La belle histoire était pourtant incertaine, puisqu’elle a tenté le coup de poker de changer de duo il y a quelques mois. Et surtout de prendre le risque de s’associer avec Benjamin Daviet, novice dans la discipline. Mais pour autant pas du tout novice du sport de haut niveau, puisqu’il n’a pas moins de 10 médailles paralympiques en… biathlon et ski de fond ! Pari remporté haut la main donc, les deux prenant d’abord une 4ème place aux championnats d’Europe, avant de finir premier en Suisse et ainsi qualifier leur bateau pour Paris.

Rendez-vous au stade nautique olympique de Vaires-sur-Marne du 30 août au 1er septembre pour les épreuves de para aviron des Jeux Paralympiques de Paris 2024.

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