Le silence de la patinoire est vite rompu. Les luges s’élancent, les lames mordent la glace, les crosses claquent dans un ballet rapide et précis. À hauteur de glace, le palet fuse d’une zone à l’autre, frôlant les luges dans des duels engagés où chaque centimètre compte. En para hockey, tout va vite, très vite, et l’intensité se ressent dès la première seconde.
Du 6 au 15 mars, lors des Jeux Paralympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, cette discipline spectaculaire retrouvera l’un de ses plus grands théâtres. Héritier direct du hockey sur glace, le para hockey en conserve l’exigence et l’engagement, tout en y ajoutant une dimension humaine forte, faite d’adaptation, de collectif et de dépassement.
À l’approche de ce rendez-vous paralympique majeur, Talentéo vous invite à découvrir un sport impressionnant, accessible et profondément engagé. Prêts à suivre le choc des luges ?
Le para hockey, ça vient d’où ?
Descendant direct du hockey sur glace, le hockey luge, devenu officiellement para hockey sur glace en novembre 2016, a été inventé en Suède au début des années 1960, dans un centre de rééducation de Stockholm. À l’origine, un groupe de passionnés refuse d’abandonner le hockey malgré un handicap physique. Ils vont ainsi imaginer une adaptation permettant de jouer assis.
Le sport se structure rapidement. Dès 1969, une ligue de cinq équipes voit le jour à Stockholm, mêlant déjà joueurs en situation de handicap et joueurs valides. Le Canada, la Norvège, la Suède, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Japon ou encore l’Estonie figurent parmi les premières nations à créer des équipes nationales.
Le para hockey est reconnu officiellement aux Jeux Paralympiques d’hiver de Lillehammer en 1994, avec un titre paralympique pour la Suède. Depuis, la discipline est présente à chaque édition des Jeux, et les États-Unis dominent la scène internationale, restant invaincus aux Jeux Paralympiques depuis 2010.
Le para hockey, comment ça se joue ?
Le para hockey se pratique sur une patinoire standard, identique à celle du hockey sur glace valide. La surface, les buts, les marquages et le palet sont strictement les mêmes.
Les joueurs évoluent assis sur une luge composée d’un châssis en aluminium ou en acier, montée sur deux lames suffisamment espacées pour permettre au palet de circuler en dessous. Le corps est maintenu par des sangles au niveau des pieds, des genoux, des hanches et du tronc.
Chaque joueur utilise deux crosses raccourcies (environ 75 cm). Une extrémité plate permet de manier et frapper le palet, tandis que l’autre est équipée de pics métalliques, essentiels pour se propulser, accélérer et se repositionner. Cette spécificité impose aux joueurs d’être parfaitement ambidextres.
Un match se dispute en trois périodes de 15 minutes, avec des changements fréquents. Sport de contact, le para hockey est très physique. Aussi, les joueurs restent rarement plus d’une à deux minutes consécutives sur la glace.
Une discipline caractérisée par sa mixité
Le para hockey sur glace se distingue par une mixité rare dans le sport de haut niveau. Au sein des clubs, la discipline rassemble personnes en situation de handicap et joueurs valides, hommes et femmes.
Cette mixité crée des dynamiques humaines fortes, où la performance sportive cohabite avec le partage, la solidarité et l’apprentissage mutuel. Les licenciés peuvent choisir une pratique loisir, intégrée à une équipe mixte, ou s’orienter vers la compétition, avec une perspective nationale et internationale.
Pour les amateurs de hockey sur glace, le para hockey procure les mêmes émotions : intensité, engagement, suspense et ferveur collective. Sur la glace, le handicap s’efface derrière le jeu, l’effort et l’esprit d’équipe.

L’équipe de France de Para-Hockey au Tournoi d’Olomouc. Crédit photo : Jitka Martinikova.
Profils et handicaps concernés
Le para hockey s’adresse principalement aux personnes présentant un handicap orthopédique, notamment des amputations ou des lésions médullaires (paraplégie, tétraplégie). Tous les joueurs doivent posséder un excellent équilibre en position assise. En effet, les luges ne disposent pas de dossier.
Certaines configurations morphologiques influencent le jeu. Les doubles amputés fémoraux, par exemple, bénéficient souvent d’une luge plus courte. Ainsi, celle-ci facilite les changements de direction rapides, les sorties de zone et les duels en un contre un. Cependant, comme toujours, la lecture du jeu, la technique et l’engagement restent déterminants.
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Pourquoi suivre le para hockey aux Jeux Paralympiques de Milan-Cortina ?
Le para hockey est l’une des disciplines les plus spectaculaires et les plus accessibles du programme paralympique. La rédaction de Talentéo vous conseille de suivre ces rencontres pour plusieurs raisons :
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Un sport collectif rapide et engagé, sans temps mort
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Une intensité physique élevée, avec des contacts réglementés mais spectaculaires
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Une lecture du jeu immédiate, proche du hockey sur glace traditionnel
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Une mixité unique, rare dans le sport de haut niveau
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Des valeurs paralympiques incarnées, entre adaptation, performance et collectif
Chaque match est un condensé d’énergie, de stratégie et d’émotion.
Le para hockey en France
En France, le para hockey sur glace est une discipline en plein développement. Plusieurs clubs affiliés à la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) proposent une pratique régulière. Des initiatives locales, incluant matchs d’exhibition et confrontations internationales, ont vu le jour à Cherbourg, Cholet, Clermont-Ferrand, Poitiers, Tours, Rouen ou encore face à des équipes étrangères.
Depuis juin 2018, la FFHG a structuré le développement de la discipline en créant une commission para hockey sur glace permanente, avec pour objectif l’augmentation du nombre de pratiquants et, à terme, la présentation d’une équipe nationale aux Jeux Paralympiques de 2026.

L’Equipe de France de Para-Hockey. Crédit photo : World Para Ice Hockey.
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Crédit photo à la une : Nathalie Lefort Duguet.
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