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A l’heure où la reconversion est souvent envisagée pour trouver, conserver ou retrouver un emploi, l’accès à des formations de qualité et surtout qualifiantes s’impose comme une nécessité. Retour avec Beepjob sur le compte personnel de formation : qu’est-ce qui change ? Suivez le guide

Contrairement à d’autres pays, la France n’a jamais vraiment eu une politique de formation individuelle des travailleurs efficace. Cela est du au fait que depuis des décennies – depuis les trente glorieuses – les postes de travail étaient généralement acquis pour l’intégralité de la vie active de l’individu, avec très peu de mobilité. Pour schématiser, nous étions ouvrier spécialisé ou ouvrier professionnel chez Renault, puis éventuellement cadre de maîtrise toujours chez Renault sur la même ligne de production. En cas de licenciement, les postes demandés correspondaient évidement à ceux qui avait été tenus précédemment.

Avec la mondialisation – et la crise économique de 2008 – la situation à été totalement chamboulée. À l’heure actuelle si on souhaite, d’une part ne pas perdre son emploi, et d’autre part en retrouver un en cas de licenciement ; on doit être en mesure de changer totalement de secteur d’activité. Pour cela il est nécessaire d’avoir accès à une formation professionnelle individualisée qualifiante.

Jusqu’à présent existait le Droit Individuel à la Formation – DIF – , trop limité, pas assez utilisé et excluant certaines catégories de travailleurs. À compter du 1er janvier 2015 rentrera en vigueur le Compte Personnel de Formation – CPF – destiné à remplacer le Droit Individuel à la Formation.

Loin d’être un simple changement de sigle, ce nouveau dispositif s’adapte bien plus aux réalités du terrain et à la situation actuelle des carrières professionnelles. L’esprit du CPF est d’attacher le droit à la formation au travailleur lui-même et non plus au poste qu’il occupait dans son entreprise. Un peu à l’image du droit à la santé, avec la carte de sécurité sociale qui est individuelle et dure toute la vie.Quelles avancées procurent le CPF par rapport au DIF ?

Ouverture du champ des bénéficiaires

Le DIF excluait les apprentis et les contrats de professionnalisation, d’autre part il nécessitait pour le salarié d’avoir un an d’ancienneté.

Le CPF s’adresse à tous les salariés, les demandeurs d’emploi et les jeunes au delà de 16 ans, si ces derniers n’ont aucune qualification à le sortie de leurs scolarités. Les jeunes admis en contrat d’apprentissage en sont aussi bénéficiaires à partir de leurs 15 ans.

Un accroissement des heures cumulables

Pour un salarié en CDI, le DIF offrait jusqu’à présent 20 heures de formation par an, avec un total de 120 heures cumulées sur 6 ans.

Le CPF porte ce droit à 150 heures sur 8 années reparties comme suit : 24 heures annuellement sur les 5 premières années, puis 12 heures annuellement sur les 3 suivantes.

Des restrictions dans le choix des formations

Avec le DIF on pouvait suivre des formations qui ressemblaient à des périodes de vacances. Le CPF restreint le choix des formations à celles qui apportent une vraie qualification professionnelle et qui sont inscrites au RNCP – Répertoire National des Certifications Professionnelles – , au CQP – Certificat de Qualification Professionnelle – etc.

L’attachement personnel du compte.

Dans le DIF la transférabilité du compte était laissée au bon vouloir de l’employeur, qui plus est assortie de restrictions.

Le CPF est lui, entièrement personnel et attaché à vie au parcours professionnel du détenteur. D’autre part, les heures accumulées par le travailleur sur son DIF seront intégralement transférées sur son CPF.

Comme on peut le constater, Le DIF permet de passer d’un acquis d’entreprise à un véritable droit individualisé, avec en contrepartie une plus grande rigueur dans les formations.

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