Le sport est une thématique récurrente chez Talentéo, notamment avec l’approche des Jeux paralympiques de Paris 2024,. C’est aussi le cas avec les Championnats du monde de para-athlétisme qui auront lieu du 8 au 17 juillet 2023 ! Ainsi, aujourd’hui, Audrey LE MORVAN, Référente du suivi socio-professionnel des sportifs de haut niveau, nous en dit plus sur son parcours et son rôle au sein de la Fédération Française Handisport (FFH) !

Vous êtes référente du suivi socio-professionnel des sportifs de haut niveau, en quoi consiste votre poste ?

Je suis en lien avec les parasportifs de haut niveau qui sont en emploi, en recherche d’emploi ou étudiants. Lorsqu’ils sont en emploi, l’objectif est de pouvoir négocier avec les entreprises et mettre en place des conventions pour qu’ils puissent être libérés.

Quand ils sont en recherche d’emploi, l’objectif est plutôt d’essayer de trouver des entreprises partenaires qui pourraient les embaucher. Autrement, s’ils trouvent une entreprise, j’interviens pour parler des aménagements possibles pour les parasportifs de haut niveau et que tout le monde puisse s’y retrouver.

Enfin, je suis aussi l’interface entre le ministère et les sportifs lorsqu’il faut réaliser les renouvellements de listes ministérielles. Elles sont mises à jour au 1er janvier et nous prenons en compte les résultats des compétitions de référence de l’année précédente.

Vous avez justement une carrière de pongiste mondiale, pouvez-vous nous en dire plus sur le sujet ?

J’étais en équipe de France de 2003 à 2013 et la plus jeune à participer aux Jeux, en équipe de France, tous sports confondus en 2004. Je me suis beaucoup confrontée aux joueurs valides également.

Par la suite, tout s’est enchainé. J’ai participé aux Jeux Paralympiques d’Athènes en 2004. En 2012, j’ai terminé ma carrière à Londres aux Jeux Paralympiques. Néanmoins, j’ai continué 1 an de plus au niveau international. Enfin, j’ai mis un terme définitif à ma carrière de pongiste internationale en 2013.

Pendant quelques années, je me suis même coupée du monde handisport et paralympique, avant de le réintégrer en tant qu’élue puis en tant que salariée à la Fédération Française Handisport.

Pourquoi avez-vous décidé de vous confronter aux joueurs valides lors de votre carrière de joueuse de haut niveau ?

J’ai une agénésie du membre supérieur gauche qui me permet de jouer très facilement contre les valides. D’ailleurs, avant de connaître et découvrir le monde du handisport, je jouais avec les valides.

En outre, il y a très peu de compétitions nationales en handisport, 4 dans l’année. Ainsi, pour pouvoir jouer un maximum de match et pouvoir être compétitive sur les compétitions de références, j’ai continué à jouer avec les personnes valides.

Enfin, aujourd’hui, je continue à faire les 2, car cela me permet de me dépasser encore plus.

En tant qu’ancienne parasportive de haut niveau, quelles sont vos conseils aux personnes qui souhaitent vivre de leur parasport ?

Pour être franche, c’est assez compliqué, notamment pour arriver à un très haut niveau et faire partie de l’équipe de France. Lorsque vous avez un niveau international, il est possible de travailler en parallèle, d’avoir un contrat de travail, même sans faire un temps plein.

Ainsi, au niveau de la Fédération Française Handisport, à partir du moment où les sportifs sont reconnus de haut niveau et sont sur les listes ministérielles Elite, Senior et Relève, il est possible de mettre en place des conventions. L’idée est de leur permettre de travailler moins, sans perte de salaire. La FFH et l’Agence Nationale du Sport (ANS) aident financièrement l’entreprise pour qu’elle puisse libérer le sportif.

C’est ce que nous appelons des Conventions d’Insertions Professionnelles (CIP). Elle sont signées entre l’ANS, la FFH, le sportif, l’entreprise et, de temps en temps, les régions.

Ils ont ainsi un pied dans l’entreprise pour aussi acquérir une expérience professionnelle et avoir un salaire, puisque les parasportifs ne sont pas professionnels. En effet, ils n’ont pas de contrat de travail comme il peut y avoir dans le football ou le handball, même si des concepts sont créés pour préparer les Jeux Paralympiques de Paris 2024.

Quelles solutions existe-t-il pour accompagner les sportifs de haut niveau en situation de handicap ?

En plus des CIP, il existe des conventions de mécénat. Nous travaillons beaucoup aussi au sein de la FFH avec la Fondation du Sport Français. Elle met en lien des entreprises mécènes qui souhaitent accompagner des sportifs de haut niveau. Cela permet de verser des bourses aux parasportifs de haut niveau qui ont besoin de financements pour leur carrière sportive et pour leur vie de tous les jours.

En outre, je suis en lien avec la Fondation Nationale du Sport pour que les sportifs puissent s’entraîner et avoir des revenus décents. Aujourd’hui, nous avons de plus en plus de sollicitations et de souhaits d’accompagnement des entreprises. Ainsi, les parasportifs peuvent avoir des bourses allant de 12 à 18 000 € l’année et qui constituent une aide importante quand il faut financer une saison sportive.

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos lecteurs ?

Si vous êtes parasportif listé à la FFH, n’hésitez pas à me contacter afin de voir s’il est possible de vous accompagner dans une recherche d’emploi ou un aménagement.

Enfin, pour les personnes en situation de handicap, je trouve que le sport est très important que ce soit pour garder un équilibre de vie ou faire des rencontres et garder une vie sociale.

Et vous, vous souhaitez vous lancer dans une carrière de parasportif de haut niveau ? Alors n’hésitez pas à contacter Audrey LE MORVAN pour en savoir plus ! Vous avez aimé cet article ou avez des questions ? N’hésitez pas à nous le faire savoir sur nos réseaux !

Crédit Photo : Florent PERVILLE

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