Chaque année, on dénombre environ 500 000 préconisations d’aménagement de poste. Pourtant, de nombreuses entreprises hésitent encore à franchir le pas en raison d’idées reçues sur le coût ou la complexité de la démarche. Or, un processus d’adaptation de poste n’est pas toujours compliqué. Au contraire, bien souvent, quelques ajustements simples, comme un fauteuil ergonomique ou des horaires adaptés, peuvent déjà faire toute la différence. Vous souhaitez créer un environnement de travail plus inclusif ? Ce guide est là pour vous y aider. Découvrez les obligations, les types d’adaptations possibles, les aides financières disponibles et les bonnes pratiques pour réussir !

Qu’est-ce que l’adaptation de poste de travail ?

Adapter un poste de travail, c’est adapter les conditions de travail d’un employé en tenant compte de ses capacités physiques, sensorielles, mentales ou psychiques. L’objectif ? Compenser une limitation, prévenir une aggravation de l’état de santé ou faciliter un maintien dans l’emploi durable.

Autrement dit, il ne s’agit pas de « favoriser » certains salariés, mais bien de garantir à chacun un accès équitable au travail, en s’appuyant sur le principe d’égalité des chances et les obligations légales d’aménagement raisonnable.

On peut alors retrouver deux types d’aménagement :

  • Temporaire : l’aménagement temporaire est mis en place pour une durée limitée, le temps d’une convalescence, d’une grossesse, d’un traitement médical ou d’une période de réadaptation.
  • Durable : l’aménagement durable concerne les situations de handicap ou de pathologie chronique. Il vise à adapter le poste de manière pérenne, en intégrant les besoins spécifiques du salarié dans l’organisation du travail.

Dans les deux cas, ces ajustements doivent être pensés en lien avec l’employé concerné et les professionnels compétents, notamment le médecin du travail.

Pourquoi adapter un poste de travail ?

Bénéfices de l’aménagement pour le salarié

Demander une adaptation de poste n’est pas un privilège, mais un droit fondamental. Et il serait dommage de vous en priver tant ses avantages sont nombreux :

  • Préserver sa santé physique et mentale : Un poste adapté permet d’éviter l’aggravation d’un trouble existant, de soulager certaines douleurs et de limiter la fatigue chronique. C’est donc un levier de prévention essentiel pour tenir dans la durée.
  • Améliorer sa qualité de vie au travail : Un simple ajustement peut transformer votre quotidien professionnel. Moins de contraintes, plus de confort et un message fort envoyé par l’employeur : « On reconnaît vos besoins et on agit avec vous ». Rien de plus motivant pour se sentir pleinement à sa place !
  • Sécuriser son emploi : En 2023, le taux de chômage des personnes en situation de handicap était de 12 %, soit près de deux fois supérieur à la moyenne nationale. Demander un aménagement, c’est faire un pas pour la prévention de la désinsertion professionnelle.

Obligations légales pour l’employeur

L’adaptation de poste est un devoir légal, encadré par le Code du travail. Et toutes les entreprises, sans exception, sont concernées par cette obligation.

Selon l’article L5213-6 du Code du travail, l’employeur doit prendre « les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs handicapés d’accéder à un emploi ou de conserver un emploi correspondant à leur qualification, de l’exercer ou d’y progresser ». Autrement dit, tout employeur a l’obligation de mettre en œuvre les aménagements raisonnables nécessaires à un travailleur en situation de handicap.

L’article L4121-1 impose, quant à lui, à l’employeur de prendre les mesures nécessaires afin d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cela inclut la prévention des risques professionnels, l’adaptation des postes de travail et la prise en compte des particularités de chaque individu.

En cas d’impossibilité d’aménagement ou d’adaptation du poste de travail, et si le médecin du travail considère que le maintien de l’emploi est préjudiciable à la santé du salarié, il peut prononcer un avis d’inaptitude. L’employeur est alors contraint de lui proposer un reclassement sur un autre poste au sein de l’entreprise. Si le reclassement est impossible ou si le salarié le refuse, vous pouvez engager une procédure de licenciement pour inaptitude.

Dans quels cas l’adaptation de poste est-elle nécessaire ?

Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH)

Lorsqu’un salarié est titulaire d’une RQTH, l’employeur est tenu d’étudier les possibilités d’adaptation du poste. Cette reconnaissance ouvre également l’accès à des aides spécifiques (AGEFIPH ou FIPHFP) et facilite la mobilisation des dispositifs d’accompagnement.

Maladie et accident (professionnels ou non)

Une pathologie chronique, un traitement médical lourd, un accident professionnel ou de la vie privée peuvent engendrer des limitations fonctionnelles temporaires ou durables. Dans ce cas, un aménagement du poste (allègement des tâches, équipement spécifique, horaires adaptés…) peut permettre un retour au travail sécurisé et progressif.

Grossesse et maternité

Fatigue accrue, risques liés à l’effort physique, exposition à certains produits… Les femmes enceintes peuvent rencontrer des difficultés à exercer leur activité dans les mêmes conditions qu’habituellement. L’adaptation du poste permet de prévenir tout risque pour la santé de la salariée et de son futur enfant.

Âge et usure professionnelle

Avec l’avancée en âge, certains salariés peuvent développer des douleurs, une fatigue accrue ou une baisse de certaines capacités physiques. Adapter le poste de travail devient alors un levier de prévention à l’usure professionnelle : matériel ergonomique, ajustement des rythmes, formation professionnelle à de nouvelles méthodes de travail…

Retour d’un congé maladie ou parental

Un retour après une longue absence (congé maternité, arrêt maladie, burn-out, cancer…) peut nécessiter une reprise progressive ou des ajustements temporaires. Dans ces situations, le temps partiel thérapeutique ou un aménagement organisationnel permettent de faciliter la réintégration et d’éviter une rechute.

Quelles sont les possibilités d’adaptation de poste ?

Aménagement du poste de travail physique

L’adaptation matérielle ou ergonomique est souvent la première piste envisagée. Elle permet de faciliter l’accomplissement de certaines tâches et d’améliorer le bien-être physique du salarié handicapé grâce à du matériel spécifique. Quelques exemples :

  • Opter pour du matériel ergonomique (siège de bureau, repose-pied, support d’écran, clavier, souris…) ;
  • Réduire le bruit ambiant ;
  • Améliorer l’éclairage ;
  • Adopter des logiciels de dictée vocale, des lecteurs d’écran… ;
  • Vérifier l’accessibilité numérique des outils ;
  • Etc.

Adaptation des horaires et du temps de travail

L’organisation du temps peut aussi être revue afin de mieux s’adapter au rythme du salarié. Parmi les solutions possibles :

  • Mettre en place un temps partiel thérapeutique : souvent recommandé après un arrêt maladie long ou un traitement médical.
  • Réduire les horaires : En raison de limitations physiques ou psychologiques, il peut être compliqué pour certains travailleurs handicapés de respecter la durée légale de 35 heures. Dans ces cas, le temps partiel ou la réduction d’horaires peut être envisagée.
  • Proposer des horaires flexibles : Une flexibilité des horaires permet de mieux s’adapter aux contraintes de santé du salarié. Les solutions les plus simples sont les horaires décalés ou le forfait jour.
  • Autoriser des pauses supplémentaires : Les pauses sont souvent nécessaires pour prévenir l’épuisement physique et mental des travailleurs handicapés. Elles doivent alors être adaptées à la nature du handicap.

Modification de la charge de travail et des responsabilités

Quand certaines missions deviennent trop contraignantes ou inadaptées, il est possible de réévaluer le périmètre d’activité du salarié, en accord avec son poste et ses compétences. Cela peut inclure :

  • La suppression de certaines tâches physiques ou stressantes ;
  • La répartition différente des responsabilités au sein de l’équipe ;
  • Le recentrage sur les missions clés du salarié, en adaptant les objectifs ou les indicateurs de performance.

Formation et accompagnement du salarié

Adapter un poste peut aussi passer par le renforcement des compétences ou l’acquisition de nouvelles méthodes de travail. Plusieurs actions possibles :

  • Former à l’usage de nouveaux outils (logiciels de compensation, équipements adaptés…) ;
  • Mettre en place un accompagnement par un tuteur ou un référent ;
  • Proposer du coaching ou un suivi psychologique en cas de retour difficile ou de changement de poste ;
  • Aider à la reconversion ou au reclassement interne, si nécessaire.

Télétravail

Le télétravail offre une alternative intéressante, surtout pour ceux dont le handicap rend difficile les déplacements ou les conditions de travail dans un environnement physique contraignant. Il permet notamment de mieux gérer son emploi du temps et d’adapter l’espace de travail à ses besoins spécifiques.

Le télétravail peut alors être envisagé :

  • De façon ponctuelle (quelques jours par semaine) ou permanente ;
  • À titre temporaire (en convalescence, par exemple) ou durable (en lien avec un handicap reconnu) ;
  • Avec un accompagnement pour aménager le domicile si nécessaire (fauteuil, écran, connexion, logiciel…).

Un événement unique à l'Orange Vélodrome !

Quels professionnels peuvent vous accompagner ?

Le médecin du travail

Le médecin du travail évalue l’aptitude du salarié et propose des aménagements de poste en conséquence. Il s’occupe également des visites de pré-reprise ou de reprise après un arrêt de travail.

Bon à savoir : son avis est juridiquement contraignant pour l’employeur.

Les ergonomes

Les ergonomes réalisent une fine analyse du poste et des conditions de travail. Cela leur permet de proposer des recommandations d’ajustements (mobilier, outils, postures, organisation…). Ils interviennent plus particulièrement en prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) et du stress. Par ailleurs, ils peuvent être mobilisés via l’AGEFIPH, le FIPHFP ou dans le cadre d’un accompagnement Cap emploi.

Le référent handicap de l’entreprise

Ce dernier coordonne les différentes étapes d’adaptation et les différents acteurs (salarié, direction et prestataires externes) de la démarche. Il informe le salarié sur ses droits et s’assure de la bonne mise en œuvre des aménagements proposés.

Cap emploi (secteur handicap) ou France Travail

Ces structures apportent un soutien personnalisé au salarié et à l’employeur dans la recherche de solutions. Comment ? En orientant notamment vers les bons dispositifs de financement et en proposant un suivi dans la durée.

L’AGEFIPH (secteur privé) et le FIPHFP (secteur public)

Ces structures aident au financement des aménagements et des prestations d’accompagnement. Elles conseillent également sur la structuration d’une politique handicap et le respect des obligations légales. Des portails dédiés existent avec des simulateurs, des formulaires en ligne et des contacts directs.

Les assistants sociaux ou psychologues du travail

Ces derniers accompagnent les salariés en situation de fragilité ou de souffrance au travail. Ils apportent un soutien psychosocial, notamment lors de retours d’arrêt longs ou de réorientations professionnelles. Ils aident également à prévenir les situations de mal-être, d’isolement ou de désengagement en jouant un rôle de médiateur entre l’équipe et la hiérarchie.

Aménagement du poste de travail, de quoi parle-t-on ?

Tous les métiers peuvent nécessiter des aménagements de poste.

Quelles sont les aides financières disponibles ?

Aides de l’AGEFIPH (secteur privé)

L’AGEFIPH (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées) propose un panel de subventions pour les employeurs privés. Parmi ces dernières, on retrouve bien évidemment une aide financière pour aménager le poste de travail : financement de mobilier ergonomique, logiciels spécifiques, aménagement de l’environnement physique…

L’AGEFIPH propose aussi directement des aides financières aux salariés handicapés. Cela peut être pour financer des prothèses auditives, des déplacements maison-boulot…

Aides du FIPHFP (secteur public)

Le FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique) est l’équivalent de l’AGEFIPH pour les employeurs publics. Il propose donc tout naturellement des aides à l’adaptation du poste de travail d’une personne en situation de handicap.

Autres dispositifs complémentaires

D’autres dispositifs existent pour vous aider dans cette démarche :

  • CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) : Peut financer un temps partiel thérapeutique après un arrêt de travail long, sous prescription médicale. Possibilité de prise en charge d’une rééducation ou d’un suivi en centre de réadaptation.
  • MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) : Délivre la RQTH, indispensable pour accéder à certaines aides. Oriente vers les bons dispositifs selon le projet professionnel.
  • Régions, départements et collectivités territoriales : Certaines proposent des aides ponctuelles pour l’emploi ou la formation de personnes en situation de handicap. Aides cumulables avec celles de l’AGEFIPH ou du FIPHFP sous conditions.

Conditions d’obtention, démarches et délais

Les aides ne sont pas automatiques. Elles doivent être demandées en amont ou pendant la mise en œuvre des adaptations. Les demandes passent alors par un formulaire spécifique à chaque organisme, souvent accompagné d’un devis, d’un diagnostic ou d’un justificatif médical.

Les délais de traitement varient selon les cas, mais il est recommandé d’anticiper au maximum (3 à 8 semaines en moyenne). Le salarié concerné peut aussi bénéficier d’un accompagnement (Cap emploi, référent handicap, assistante sociale) pour monter le dossier.

Adaptation de poste, en bref

L’adaptation de poste est une obligation légale, certes, mais c’est aussi, et surtout, ce qui permet à chacun, quelle que soit sa situation de santé, de continuer à travailler dans de bonnes conditions, avec dignité et sérénité.

Et contrairement à une idée encore trop répandue, adapter un poste n’est pas forcément complexe ni coûteux. En étant accompagné des bonnes personnes et grâce aux nombreuses aides financières disponibles, tout devient possible.

Que vous soyez salarié ou employeur, n’attendez donc pas que les difficultés s’installent pour réagir. Plus la démarche est anticipée, plus elle est efficace et bénéfique pour tous.

Vous cherchez plus d’informations sur le handicap au travail ?

Suivez Talentéo

Crédit photos : Pixabay.

Partenariat

Partenariat

Partenariat

Affaires sensibles

Démocratie corinthiane : foot, bière et rock’n roll

00:00
Actuellement en live
En live !

Accéder au live

La Newsletter inclusive qui brise les préjugés sur le handicap au travail ! 💥