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17AVR 14

L’Atypik, un café-restaurant pour avoir un pied dans l’emploi

Un café-restaurant comme les autres? Encore mieux! Talentéo est allé découvrir l’Atypik, où de jeunes personnes avec autisme peuvent développer des projets et acquérir des compétences, pour une inclusion réussie.

En plein cœur de Grenoble, le sympathique café-restaurant l’Atypik a été créé par l’association la Compagnie des TED. Ce projet vise à mixer la population grenobloise avec des jeunes personnes avec autisme de 18 à 36 ans. L’Atypik n’affiche pas sa spécificité, mais il attire l’attention. C’est avant tout un restaurant, mais c’est aussi un lieu où les bénévoles sont à l’écoute des jeunes et de leurs projets afin de pouvoir répondre à leurs propositions pour leur permettre d’acquérir des compétences.

La création d’un lieu convivial

Un bénévole nous présente le projet: « La compagnie des TED a été créé pour travailler sur l’inclusion sociale, au niveau de la formation et de l’accompagnement à l’emploi, du logement etc. Ce qui manquait, c’était les loisirs et les amis: la rencontre avec l’autre, celui qui n’est pas forcément autiste. Nous cherchons à développer une activité économique de type économie sociale et solidaire dans un lieu au cœur de la ville et non pas en marge. Ce n’est pas un lieu d’éducation ou de formation, mais un espace de loisirs et de restauration. Si une personne a besoin de venir parce qu’elle est seule, qu’elle veut faire de la cuisine ou faire le service, elle vient ici pour rompre la solitude et être dans un lieu convivial. »

L’Atypik, un lieu pour développer un projet

« A côté du restaurant, d’autres activités sont proposées en fonction de la demande des personnes autistes afin qu’elles acquièrent des connaissances et des compétences, qui peuvent servir par la suite, notamment pour l’emploi. Le but, c’est de s’intégrer ailleurs dans le futur: la plupart des personnes sont peu intéressées par la restauration. Il faut savoir répondre aux sollicitations. Par exemple, les jeunes ont mis en place un atelier bricolage et vont créer une boutique de bonbons. Les jeunes autistes sont pour le moment bénévoles au sein de l’Atypik, mais nous cherchons à faire reconnaître leur statut et pouvoir ainsi les rémunérer. Un cuisinier et des bénévoles permettent à l’Atypik de fonctionner. »

Photo du restaurant L’atypik, un café-restaurant grenoblois qui favorise l'inclusion

Un lieu ouvert à l’échange

Ce lieu permet d’interagir sans jugement. « On n’affiche pas qu’on est un restaurant d’autistes, cela ne regarde personne, même si, bien sûr, les personnes qui viennent le savent. D’ailleurs, certains viennent pour soutenir. Cela reste un restaurant lambda. Découvrir le restaurant permet de changer d’idée par rapport à l’autisme. On cherche ici à s’acclimater, à s’accoutumer les uns aux autres. Autant les clients ont besoin de se familiariser à l’autisme, autant certains de nos jeunes gens ont besoin de s’adapter aux neurotypiques. »

Le compagnonnage, la notion phare de ce café-restaurant

La notion de compagnonnage est essentielle à l’Atypik. « Les autistes ont des demandes et nous aussi. Chacun amène son savoir-faire. On a par exemple une personne qui s’occupe des réseaux sociaux pour la Compagnie des TED car elle est férue dans ce domaine. Le compagnonnage permet d’avancer ensemble. Les personnes viennent avec ce qu’elles sont et on apprend, les uns et les autres, à se comprendre et s’entendre. Travailler sur le « c’est comme ça », cela varie d’un individu à l’autre. »

L’inclusion, bien au-delà de l’intégration

Pour l’atypique Clément Raymond, il faut « faire une différence entre l’intégration et l’inclusion. Cette deuxième notion signifie que l’on accepte l’autre tel qu’il est, pour faire ensemble, avec les différences de chacun. On rompt avec le système et on construit un ensemble de personnes qui travaillent pour l’humanité et l’universalité ». Lorsqu’on lui demande ce qu’il fait de mieux et de moins bien, Clément se considère doué pour la technique mais en difficulté face au formatage. « Formater quelqu’un ne sert à rien. L’important, c’est de faire de l’inclusion et non plus des intégrations au cas par cas. Les aspergers, comme moi, constatent très bien les choses. Echanger avec un asperger, c’est un voyage. »

Le projet de Clément, en parallèle avec l’Atypik

Lorsqu’on pousse les portes de l’Atypik, Clément Raymond fait partie de ces jeunes qui peuvent vous servir. Ce jeune grenoblois, passionné par l’histoire et les banques, trouve dans le service un moyen de discuter avec les personnes. Minutieux, il fait attention à ce que chaque plat soit servi équitablement. Au-delà du restaurant, il propose des conférences, et prépare un projet de mutualisation des moyens culturels. Le principe? Les théâtres mettraient du matériel à disposition entre eux, afin de proposer un système de prêt, plus égalitaire entre tous les théâtres de France. Il est en train de créer une coopérative et vous invite à le rejoindre!

Nous nous invitons à regarder ce reportage de France 3 Alpes sur l’Atypik.

Vous connaissez l’Atypik ou une initiative similaire et souhaitez témoigner? Les commentaires sont vos amis!

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