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Les championnats du monde d’athlétisme IPC Lyon 2013 sont finis depuis quelques jours. Talentéo en profite pour vous faire redécouvrir une interview d’Orianne Lopez.

Durant les vendredis du mois d’août, retrouvez des articles détente dans le carnet de vacances Talentéo 2013. Des contenus à valeur ajoutée, à lire sur un transat à la plage, dans le transsibérien ou après la montée du Machu Pichu.

Orianne Lopez et Talentéo se sont connus grâce à ces Jeux Paralympiques de Londres 2012: elle faisait partie de l’équipe française d’athlétisme. Pour les championnats du monde de cette année, Orianne a terminé 6ème à la finale du saut en longueur et 7ème au 100m. Cette athlète nîmoise de 23 ans est étudiante en médecine. Elle mêle à la perfection handicap et emploi en nous faisant comprendre que ce sont les compétences qui doivent être mises en avant. Son mantra: avec une bonne adaptation, rien n’est impossible!

Orianne Lopez, interview Handicap et emploi

Oriane Lopez, êtes-vous une sportive professionnelle?

Non, je suis étudiante en médecine et athlète handisport internationale. Je pense que l’expression « sportif professionnel » n’entend pas une notion de niveau mais plutôt que la vie est exclusivement axée sur le sport. Ce n’est pas le cas pour moi. J’ai besoin de m’investir aussi dans mes études et de construire mon avenir professionnel indépendamment de ma carrière de sportive de haut niveau. Même s’il est vrai que pour la saison dernière en préparation intense, nous avions demandé un aménagement conséquent de mes études. J’ai étalé ma cinquième année de médecine sur deux ans, avec un programme très allégé l’année dernière et plus important cette année.

Que faites-vous dans la vie?

A côté de mes études de médecine, je suis engagée dans plusieurs associations caritatives comme Clin d’œil et Kokcinelo. La Fondation d’Entreprise Groupe Banque Populaire a contribué financièrement à mes saisons de 2009 à 2011. Je n’y ai aucune mission professionnelle. Mes études de médecine allient un poste d’externe au CHU Carémeau de Nîmes en service et en gardes, en gynécologie-obstétrique actuellement, et le suivi de cours à la faculté.

Comment imaginez-vous votre vie professionnelle?

Je m’imagine médecin de rééducation, à l’hôpital ou en centre. J’ai également envie de m’investir dans le développement de la pratique du sport pour tous, du handisport et d’œuvrer pour la sensibilisation aux situations de handicap.

Beaucoup de patrons ont des stéréotypes concernant les personnes handicapées. Comment faire lorsqu’on est en situation de handicap pour contourner ces stéréotypes sur le handicap et l’emploi?

Il est indispensable d’avoir les mêmes compétences professionnelles qu’une personne valide qui prétendrait au poste et ensuite le montrer! Il faut aussi expliquer que le handicap n’est présent que lorsque l’environnement social, professionnel et architectural n’est pas adapté. Si les aménagements adéquats sont installés, alors il n’y a souvent plus de handicap professionnel. C’est à différencier des déficiences qui restent présentes, mais pas le handicap!

Que ne pourrez-vous pas faire dans votre travail à cause du handicap?

Honnêtement, je ne sais pas vraiment… Je me dis que si je voulais faire les choses qui me semblent actuellement difficiles, des aménagements seraient possibles pour que je les fasse! Par exemple, si j’envisageais d’exercer dans la chirurgie, il faudrait une pédale plus facilement manipulable, une pince sur laquelle le pied appuie et permet de faire une coagulation des vaisseaux avec une pince tenue en main! Il ne faut pas être focalisé sur ce qui nous semble impossible à réaliser. Il est impératif de se dire que si nous souhaitons avoir un poste pour lequel nous avons les compétences requises, il doit alors être adapté pour que nous puissions y prétendre.

Comment vos camarades de promotion vous perçoivent-ils?

Je ne sais pas! Il faudrait voir avec eux! La plupart sont heureux que je parvienne à mener mes deux carrières de front. Ils m’ont vraiment encouragée dans ma préparation pour les Jeux Paralympiques et étaient vraiment contents pour moi lorsque j’ai atteint mon objectif de finale! Ils savent à quel point il est difficile de concilier sport de haut niveau et études de médecine.

Comment articulez-vous vos deux carrières?

Je dois me poser la question, tous les ans, de savoir où va être ma priorité: les cours ou l’athlétisme? Lorsqu’il n’y a pas de grands rendez-vous athlétiques, les cours sont prioritaires, en maintenant toutefois un rythme de 8 à 10h d’entraînement par semaine. Pour la saison 2012, la priorité était les Jeux Paralympiques, nous avions aménagé mes études pour ça et je n’avais donc pas pris de poste d’externe au CHU.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune en situation de handicap qui a envie de se lancer dans le handisport?

Fonce! Fais ce que tu as envie de faire! Prends du plaisir!

Quels conseils donneriez-vous à une personne en situation de handicap pour trouver un job?

Garde confiance en toi, fais valoir tes compétences, tes qualités. Si tes déficiences peuvent être cachées et le poste difficile à avoir, tu peux faire le test d’y prétendre sans la RQTH, au choix! Mais, quoiqu’il en soit, la situation de handicap doit être présentée comme un atout d’enrichissement au sein de l’entreprise, du groupe de travail. La peur est naturelle, il faut rassurer, être sûr de soi et expliquer quelles peuvent éventuellement être les difficultés et les anticiper, autant que possible, pour qu’elles n’adviennent pas pendant l’exercice.

Merci à Orianne Lopez pour son interview.

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