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Pour Talentéo, impossible de manquer le Défi H! En partenariat éditorial avec L’ADAPT, nous sommes partis à la rencontre de l’équipe World Mute qui nous présente une application mobile un peu particulière…

Connaissez-vous le Défi H, à l’initiative de Sogeti et du Monde Informatique? Suite à une présélection, 7 équipes composées de 3 à 5 étudiants sont en compétition pour des projets contribuant à l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Chaque équipe travaille main dans la main avec une association qui lutte contre un handicap, et est accompagnée par un coach Sogeti. Pour les résultats, rendez-vous en mai 2014!

Les équipes sont aussi évaluées sur leur communication: parler de leur démarche sur les réseaux sociaux permet d’obtenir un bonus. Talentéo et L’ADAPT soutiennent ce projet et ont voulu contribuer à rendre visible les équipes de cette année. C’est la team World Mute qui ouvre le bal avec son appli mobile.

Vous participez au projet World Mute. Dans ce cadre, vous créez une application mobile permettant de faciliter la communication pour des personnes présentant des problèmes d’élocution. Pouvez-vous nous parler de ce projet?

Notre projet, intitulé « World Mute », est comme vous l’avez signalé une application mobile ayant pour but de faciliter la communication pour les personnes présentant des difficultés d’élocution. Cela touche donc un public assez large: sourds non-oralisant, aphasiques, dysphasiques, cérébro-lésés, personnes atteintes du LIS, locked-in syndrome, et nous sommes certains d’en oublier.

Notre application sera plus particulièrement articulée autour de la technologie du « Text to speech », permettant de retranscrire du texte en paroles audibles. Cette idée d’application nous est venue lorsque nous nous sommes demandé comment se déroulait un entretien d’embauche pour des personnes présentant ce type de handicap. En effet, un problème d’élocution représente un réel problème dans des cas comme celui-ci, mais pas seulement. C’est également un souci pour l’intégration de la personne dans le milieu professionnel: discussion avec les collègues etc.

Nous souhaitons donc mettre en place une application qui intégrera une sorte d’intelligence artificielle, ou plutôt un algorithme, permettant ainsi à la personne de tenir une discussion à l’aide de son smartphone. La personne verra des phrases apparaître sur l’écran de son mobile et lorsqu’elle cliquera dessus, celles-ci seront retranscrites via les haut-parleurs du téléphone. L’intérêt de l’algorithme sera donc de prendre en compte divers facteurs afin de simuler cette conversation et de lui donner du sens! Enfin, nous souhaitons mettre en place un système de gestion des humeurs, qui aura une incidence sur l’intonation de la voix.

Si vous étiez gagnants, comment souhaiteriez-vous voir évoluer le projet?

Dans le cas où notre projet serait gagnant, et même si ce n’était pas le cas d’ailleurs, nous souhaiterions voir notre application se « démocratiser » et qu’elle soit le plus utilisée possible. Notre projet sera libre, et donc accessible à la communauté. Dans ce cadre, nous espérons voir cette communauté s’investir, proposer des évolutions, développer et intégrer de nouvelles fonctionnalités, des profils de conversations etc. Nous désirerions la voir porter sur tablette, comme sur les appareils Apple, traduite en d’autres langues et qu’elle ne soit pas un obstacle pour les personnes n’étant pas très familières avec la technologie. L’idée est là, nous tenons vraiment à développer une application qui peut servir et être utile au plus large public possible.

Talentéo est un acteur du recrutement innovant. Pensez-vous que les réseaux sociaux peuvent contribuer à l’insertion professionnelle deslocked-in syndrome, personnes en situation de handicap?

A notre sens, les réseaux sociaux ne permettent pas directement d’améliorer l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, mais c’est un lieu d’échange, et qui permet, comme la toile, de se renseigner, de se tenir au courant de ce qui se passe et ce qui se fait.

Pour notre cas, plus nombreux sera le public atteint et nous suivant sur les réseaux sociaux, plus l’impact de l’application sera important. Aujourd’hui, une très vaste partie de la population est inscrite sur des réseaux sociaux, et c’est un sujet de conversation comme un autre. C’est donc avec le bouche-à-oreille que nous pensons que l’information passera à terme: « Tiens, j’ai vu hier qu’il existait une application qui… ». Il faut tout de même être prudent, les utilisateurs de réseaux sociaux peuvent être également victimes de personnes mal intentionnées qui se moqueraient, auraient beaucoup de préjugés, et des idées arrêtées sur beaucoup de choses. A nous d’utiliser les réseaux sociaux de la bonne façon: informer et expliquer.

Nous espérons qu’à travers cette action, certaines notions seront mieux comprises, et donc par conséquent beaucoup moins soumises à un tabou quelconque. Le terme du handicap et tous les autres termes périphériques peuvent être très fortement connotés et mal interprétés. Le premier pas, c’est l’information et la compréhension.

Si on sait de quoi il retourne, on est plus à même de comprendre la situation dans laquelle se trouvent les personnes en situation de handicap.

Merci à Loïs Menot, Romain Castanié, William Groc et Vincent Barrairon pour leurs réponses. 
Retrouvez l’équipe World Mute sur Facebook et Twitter.

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