Née sans bras ni mains, Sarah Talbi, artiste peintre et créatrice de contenu, exerce l’aquarelle à sa manière. Son secret ? Détourner des objets pour se construire des adaptations sur mesure. Nous sommes allés à sa rencontre pour qu’elle nous en dise plus !

Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

Mon parcours professionnel est plutôt classique. J’ai d’abord obtenu un master en traduction et j’ai travaillé comme traductrice pour une ONG. Ensuite, je me suis orientée vers les réseaux sociaux et le monde artistique, devenant créatrice de contenu mais aussi artiste peintre, notamment en aquarelle.

Votre handicap a-t-il déjà été une contrainte dans votre quotidien ?

Oui, notamment dans le milieu artistique.

Pour vous donner un exemple, j’ai voulu suivre un atelier de peinture et de dessin, mais le professeur n’était pas à l’aise avec le fait que je dessine avec le pied. En effet, il avait l’impression que je lui demandais de m’apprendre à dessiner de cette manière, alors qu’en réalité, je voulais juste m’inscrire à un cours pour avoir des notions de dessin d’un point de vue purement technique.

"J'ai détourné certains objets pour adapter mon poste de travail"

Comment pratiquez-vous votre art en situation de handicap ?

Il n’y a pas vraiment d’astuce pour pratiquer mon art avec un handicap. Mon cerveau est connecté à mes pieds comme si c’étaient des mains. Donc, tout simplement, je peins comme des personnes qui utiliseraient leurs mains. Bien sûr, je modifie ma logistique et mon emplacement.

D’ailleurs, pour pallier le handicap, j’ai trouvé une table basse classique que je me suis installé au niveau des pieds. J’ai tout simplement détourné certains éléments pour pouvoir adapter mon poste de travail.

 

InVersion - L'entretien

En quoi consiste votre métier de créatrice de contenu ?

Mon rôle est de sensibiliser  à la thématique du handicap. Malgré tout, ce n’était pas mon intention en arrivant sur les réseaux sociaux.

A l’origine, je souhaitais uniquement mettre en avant mon quotidien. Cependant, lorsque de nombreuses questions ont émergé par rapport à mon handicap et je me suis rendu compte qu’il y avait une vraie demande.  Aujourd’hui, une grande part de mon contenu est en lien avec les interrogations de mon audience.

"J'ai détourné certains objets pour adapter mon poste de travail"

Que partagez-vous au quotidien avec votre audience ?

Concrètement, mon quotidien, c’est tout simplement de vivre ma vie, mais de la filmer. Évidemment, je ne filme pas tout : il y a tout un aspect familial et privé que je ne partage pas. En revanche, je met malgré tout en avant de nombreux aspects de mon quotidien. Notamment ma vie de maman, ma vie de femme, ma vie de personne qui aime voyager et d’artiste peintre.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux personnes en situation de handicap qui veulent se lancer dans un métier artistique ?

C’est tout simplement de suivre sa passion !

Je pense que les choses se mettent en place lorsqu’on est vraiment motivé et qu’on aime ce que l’on fait. D’ailleurs, cela n’est pas seulement valable pour l’art, mais dans tous les domaines.

Il faut aussi avoir quelque chose à exprimer, notamment pour le domaine artistique. Donc tout simplement être soi-même et de surtout se faire plaisir.

Nous remercions Sarah Talbi pour ce témoignage inspirant qui prouve que le handicap ne doit pas être un frein à la réalisation de ses passions ! 

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