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Découvrez les réponses de la Chargée de mission handicap de Cegid, à notre interview. Qu’est-ce qu’une mission handicap? Quelle est l’attitude des entreprises envers le handicap?

Cette interview est un ajout à l’article Comment gérer le handicap en entreprise ? Le cas Cegid.

Vous êtes chargée de mission handicap pour Cegid. Comment expliqueriez-vous ce qu’est une mission handicap à quelqu’un qui ne connaîtrait pas vos missions ?

La mission Handicap est un engagement au sujet de la santé de nos collaborateurs. Cegid affiche clairement l’attention qu’elle porte aux personnes ayant une pathologie invalidante. La signature de notre accord insiste sur la volonté éthique de l’entreprise d’agir au mieux dans l’environnement en ne se centrant pas uniquement sur des préoccupations économiques mais aussi sociales.

Quel y est votre rôle ?

Au travers de l’accord, mon rôle est de coordonner un ensemble d’actions permettant l’intégration et le maintien des personnes en situation de handicap. En tant que chargée de mission Handicap, mon rôle est de veiller à la prise en compte du Handicap au niveau des différents services. Le but étant de prévenir et d’agir en fonction des situations. Je coordonne un ensemble d’actions permettant l’intégration et le maintien des personnes en situation de handicap au sein de Cegid. La communication est aussi essentielle à la bonne marche de la mission.

Êtes-vous également sur le terrain ?

Sur le terrain, j’opère un suivi des collaborateurs TH, et accompagne les managers dans leur gestion au quotidien quand cela est nécessaire. Au cœur de ma mission, je souhaite aussi privilégier la mise en place d’un réseau de « correspondants Handicap » afin d’avoir un maillage territorial sur nos différents sites et d’être au plus près des collaborateurs sur le terrain développant une démarche proactive et participative.

On pense souvent que le handicap équivaut forcément à être en fauteuil, être non voyant, malentendant… Est-ce que les salariés en situation de handicap que vous connaissez correspondent à ce stéréotype ?

De la maladie au handicap physique, sensoriel ou même psychique, la plupart des collaborateurs ne portent pas de stigmates visibles de leur handicap. En effet de nombreux stéréotypes concernant le Handicap subsistent, dû à une méconnaissance. Par la sensibilisation et la communication, nous arriverons à amoindrir les représentations erronées. Différents handicaps sont recensés, chaque cas est particulier, c’est la raison pour laquelle j’attache une importance particulière au suivi individuel. Nous savons aujourd’hui que 85 % des handicaps sont non visibles, c’est aussi une réalité chez Cegid.

Quels sont les principaux a priori qu’on peut avoir, lorsqu’on a un problème de santé, et que l’on hésite à entamer une démarche de reconnaissance en qualité de travailleur handicapé, la fameuse RQTH ?

La démarche RQTH est un long cheminement personnel, c’est une acceptation de son état de santé. La reconnaissance administrative de ce statut peut, chez certains collaborateurs, être lourde, c’est l’acceptation de cette différence et de cette pathologie invalidante qui a des répercussions sur son quotidien au travail. La demande RQTH est à l’initiative des collaborateurs.

Quand la fait-on généralement ?

Souvent, la demande RQTH intervient après un constat de difficultés quotidiennes dues à l’aggravation de son état de santé. La mise à nu de l’état de santé, cette intrusion dans son intimité médicale, c’est en cela que cette démarche reste délicate pour certains. La crainte pour certains est d’être assimilé à sa maladie en omettant les compétences. Accepter son statut, c’est accepter sa différence et être confronté au regard de l’autre. Encore beaucoup d’efforts doivent d’être menés dans la lutte contre les préjugés.

Un salarié est-il obligé de déclarer qu’il a une RQTH à son entreprise ?

Un salarié n’est pas obligé de déclarer sa RQTH, mais je conseille fortement aux salariés d’avertir au moins le service de santé et la mission handicap. En effet, afin de faciliter l’accompagnement par les services compétents, il me semble indispensable d’avoir connaissance de la situation TH d’un collaborateur pour mettre en place toutes les actions nécessaires à son maintien dans l’emploi.

Aujourd’hui, est-ce vrai que l’entreprise a peur du handicap ?

D’un point de vue global, la différence fait peur, nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas. L’ignorance, c’est ce qui cristallise les peurs. De plus, il existe une charge émotionnelle forte associée au mot « Handicap ». Le Handicap est souvent méconnu, et revêt de multiples facettes. A nous, chargés de mission handicap, collaborateurs, citoyens d’être à l’écoute et de diffuser les bonnes pratiques en matière d’handicap.

Nous pouvons tous à un moment être touchés par le handicap au cours de notre vie de façon directe ou indirecte. Au sein de l’entreprise, je souhaiterais donner les clés pour une meilleure compréhension du handicap et faire en sorte que cette différence n’en soit plus une. La mission Handicap doit être intégrée comme une démarche interne à l’entreprise, c’est dans ce sens que je mène mes actions.

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