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L’équipe de Talentéo est partie à la rencontre de Frédéric Lévy. Sa mission? Sensibiliser au handicap et aux risques psychosociaux en entreprise. Ses armes? Le théâtre et l’humour! Portrait d’un coach engagé.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours?

Frederic_LEVY_talenteoJe suis un homme de communication. J’ai toujours privilégié les relations humaines, dans ma vie personnelle, comme dans ma vie professionnelle.
Littéraire de formation, je m’intéresse très tôt au théâtre. Je me forme à l’art dramatique et évolue dans le monde du Spectacle durant une dizaine d’années. J’ai alors l’opportunité de travailler pour Europe 1, France 2, Gaumont… avant de décider de me rapprocher de l’univers de la Formation professionnelle, du coaching et du Théâtre d’entreprise. Parce que j’avais envie d’être plus proche des gens et de les aider.

Je fais de la formation depuis 20 ans et je suis coach depuis 15 ans.
Depuis toujours passionné par l’écriture, en parallèle de mon activité de coach en communication et de formateur (prise de parole et prévention des risques psychosociaux), j’écris et je mets en scène des spectacles de théâtre d’entreprise.

Nous vous avions déjà rencontré en 2013, quels projets avez-vous réalisé depuis?

Depuis 2013, j’ai continué à lutter contre les discriminations de toutes sortes dans l’entreprise. J’ai notamment écrit un spectacle sur le handicap ou plutôt sur les préjugés qui subsistent encore trop souvent dans les entreprises concernant les personnes qui ont un handicap.

Je me suis également spécialisé dans le domaine des RPS (risques psychosociaux) en montant un spectacle sur ce thème et en créant des formations visant à aider les managers à mieux accompagner et protéger leurs équipes.

Je continue, bien sûr, à exercer mon activité de coach en communication, essentiellement auprès de managers et de dirigeants.

Depuis peu, j’ai décidé de travailler à mon propre compte afin de pouvoir, au quotidien, mener encore plus librement les actions qui me mobilisent depuis toujours!

Pourquoi avez-vous choisi de sensibiliser au handicap à travers le théâtre?

La première raison à cela, c’est déjà que je considère que le théâtre d’entreprise est un fabuleux outil capable de déclencher des émotions et de ce fait d’être d’une efficacité redoutable sur les spectateurs.
Je suis convaincu qu’en montrant des situations incarnées par des personnages et en sollicitant l’affect, on est beaucoup plus percutant qu’avec de longs discours!

J’ai choisi de sensibiliser au handicap non seulement en utilisant le théâtre mais également le rire! C’est toujours un pari périlleux de faire rire en parlant de sujets importants et graves.

Le challenge était véritablement pour moi de ne pas culpabiliser le public, de ne pas le faire larmoyer non plus, mais en revanche, de lui permettre de s’identifier autant à ceux qui ont des préjugés qu’au personnage vivant son handicap dans l’histoire. Pari plutôt réussi si j’en crois les éclats de rire qui ont ponctué les premières représentations d’un bout à l’autre!

Je me souviens, à l’issue de l’une d’entre elles, avoir reçu beaucoup de félicitations de professionnels qui me disaient qu’ils étaient un peu venus à reculons à cette soirée sur le handicap, avec dans l’idée, que la thématique allait « plomber » leur soirée et qu’ils ne s’imaginaient pas qu’ils allaient rire autant! C’était une façon nouvelle de leur ouvrir les yeux.

Il y a bien des façons de sensibiliser au handicap, mais gardons toujours en tête que –à tort ou à raison- le handicap fait peur… Alors pour dédramatiser, pour interpeller, pour rassurer et finalement pour impliquer le plus grand nombre, peut-être est-il pertinent parfois d’emmener les gens hors des sentiers battus…

Pensez-vous que la vision de votre public sur le handicap a évolué depuis que vous avez commencé le théâtre?

Je crois que le regard du public ne cesse d’évoluer. Et d’évoluer favorablement vis-à-vis du handicap. Les nombreuses initiatives, par des biais différents, qui se multiplient au fil des années y sont vraisemblablement pour quelque chose. Et malgré ce premier constat plutôt positif, je dirais qu’il ne faut pas baisser la garde. Car si les mentalités ont beaucoup changé, on partait de très loin, et il y a, de ce fait, encore un long chemin à parcourir…

Je crois que les personnes qui ne sont pas directement concernées ont parfois encore du mal à comprendre les contraintes ou les difficultés parfois liées à un handicap mais également les fortes potentialités d’une personne en situation de handicap.

La mobilisation de tous les acteurs qui œuvrent pour la sensibilisation devraient, selon moi, constamment renforcer leurs efforts sur ces deux tableaux.

En ce qui me concerne, j’ai choisi de le faire en dédramatisant en… théâtralisant!

Quel message souhaitez-vous faire passer à nos lecteurs?

Ne baissons pas la garde! Ni individuellement, ni collectivement! Il ne faut pas sensibiliser uniquement les réfractaires, nous avons tous besoin, régulièrement d’être rappelés à l’ordre. Les préjugés, c’est comme le rhume, ça touche tout le monde, tous les âges, tous les niveaux socio-culturels! Personne n’est immunisé. Et comme le rhume, les préjugés congestionnent nos sens et notre esprit!

En guise d’illustration et de conclusion, je prendrai un exemple simple et vécu! Lors des premières répétitions de mon spectacle sur le handicap, je me retrouve moi-même confronté à mon manque d’anticipation et de prise en considération du handicap.

Un des rôles principaux est tenu par un homme de très petite taille. J’avais prévu des sièges de bureau classiques, des fauteuils à roulettes, tournant sur eux-mêmes. Lorsque le comédien de très petite taille s’est assis sur le siège, son siège s’est mis à pivoter tout seul et les jambes trop courtes du comédien ne lui permettaient pas de le stabiliser…

Je me suis retrouvé bête. Je travaillais depuis des mois sur le handicap, j’étais à la première répétition de mon spectacle destiné à alerter le public et je n’avais pas réalisé que lorsqu’on n’a pas le même gabarit que le commun des mortels, les objets de la vie courante ne sont pas toujours adaptés…  Mais en réalité étaient-ce ses jambes qui étaient trop courtes ou le siège qui était trop haut?

C’est à vous! Réagissez, posez vos questions à Fréderic Lévy ou parlez-nous de votre parcours. 

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