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Difficile, quand on a découvert Twitter, et pratiqué depuis quelques mois, de ne pas penser en 140 caractères. Avec des applications sous google chrome, ou mozilla firefox, il est possible d’avoir un bouton qui tweete n’importe quelle page en moins de 2 secondes : le titre d’un article se copie automatiquement, vous n’avez presque plus rien à ajouter. Deux clics, et vous avez publié votre information. Le problème, c’est que si vous faites de la veille, vous allez en lire, des articles qui correspondent à votre thème. Beaucoup.

Envoyer un tweet prend littéralement 3 secondes

Grâce à (ou à cause de) la multiplication des « clients » Twitter, on peut aujourd’hui imaginer toutes sortes d’outils qui permettent de se « simplifier » la vie lorsqu’on est accro à un réseau social. Vous en trouverez de toutes les sortes, et le but n’est pas de faire ici une liste exhaustive.

Il est fort possible que, comme 86 % des internautes, vous utilisiez l’un des 3 exploreurs les plus célèbres du marché : dans l’ordre, Internet Explorer, Google Chrome, ou Mozilla Firefox. Ces trois navigateurs offrent tous la possibilité d’ajouter des extensions, qu’on appelle aussi add-ons ou applications, qui permettent de réaliser toutes sortes de tâches de façon simplifiée. Voir son nombre de mails depuis sa barre de tâches, publier un « pin » sur Pinterest, faire une recherche depuis la barre d’adresse… Et la liste est longue !

Si vous êtes accro à Twitter, il est également fort possible que vous connaissiez aussi quelques uns des nombreux clients disponibles sur le marché. Certains sont gratuits, d’autres bénéficiants de fonctions plus poussées peuvent être payants. Ils se basent sur des codes programmés par des développeurs web qui se rémunèrent grâce à la publicité, ou aux tarifs qu’ils proposent. Hootsuite et Tweetdeck sont deux clients très connus et utilisés.

Ici, on voit que le compte @RH_cvincelet, RH 2.0 de Talentéo, suit un « flux », c’est à dire une recherche automatisée sur Hootsuite, qui lui permet de repérer les tweets qui comportent les mots-clés d’une recherche.

Tweetdeck suit le même principe. Ici, le flux est très simple : suivre automatiquement et perpétuellement les tweets d’un compte Twitter, celui de Stéphane Rivière, fondateur et directeur de Talentéo.

Bien sûr, chacune de ces applications a une option permettant de retweeter les tweets qui lui paraissent le plus pertinent, et ceux qui vont le plus intéresser les comptes qui sont abonnés à @RH_cvincelet.

Accros à Twitter, tendus de la gâchette : « je tweete et retweete en pagaille » vs. Méticuleux, rigoureux, et discret : « je tweete peu mais bien ».

Cela devient alors facile, et parfois tentant, de « flooder » ses abonnés de dizaines de tweets par heure, surtout lorsqu’on effectue une veille.

« [On parle de] flood quand les messages sont répétitifs, dépourvus de sens, n’ayant aucun rapport avec le sujet initial ou ne revêtant aucune utilité particulière. »

Source Wikipédia

D’autant plus facile lorsqu’on réalise qu’aux heures de pointe, et avec des comptes qui sont abonnés à des milliers d’autres comptes, on arrive à lire un tweet chaque seconde ! Les chances qu’un tweet passe inaperçu, malgré sa pertinence, peuvent faire peur à qui a dégoté une info capitale, et qui veut en faire profiter à tous ses abonnés. Parce qu’une des motivations premières du « tweetteur » professionnel, ou de l’influenceur, est de relayer des scoops. De faire ses preuves en tant que curateur, et d’être un expert en veille, en relais d’informations qui lui paraissent essentielles.

Le « twitto » est un passionné, et comme chaque passionné, il va souvent passer par plusieurs phases. Tout comme l’internaute moyen a déjà au moins une fois passé des heures sur youtube en découvrant que n’importe qui ayant une connexion internet pouvait regarder des heures de musique gratuitement, le twitto réalise que n’importe qui ayant un peu d’intelligence et du temps devant lui pouvait devenir une sorte de journaliste web. Et parfois, il en abuse. Car il n’a pas reçu de cours de journalisme, et ne sait pas cibler, ni même tester ses tweets.

« Le gros avantage de Twitter est que l’on peut se lâcher sur le nombre de communications, contrairement aux pages Facebook notamment. Plus on tweete du contenu, on cite, on retweete, meilleure sera notre visibilité. Enfin… Il y a une limite tout de même ! Selon diverses études, environ un unfollow sur deux est consécutif à un trop grand nombre de publications. Il faut donc trouver le juste milieu. »

Jérémy GREZE, Community Manager du réseau social professionnel Yupeek

Quel équilibre adopter ? Comment ?

Faire comme dans la vraie vie !

La réponse à de nombreuses questions, concernant les usages web, est la plus simple, la plus évidente, et aussi la plus ignorée : faites comme dans la vraie vie.

La multiplication des outils du web donne l’impression d’une réelle révolution. Pourtant, sociologiquement ou anthropologiquement parlant, la seule nouveauté du web est d’introduire dans nos comportements un nouveau média de communication. Pas une nouvelle façon de communiquer, non. On a tendance à croire que dématérialiser la communication est arrivé en même temps que les modems dans les maisons. Pourtant, celui qui voudra inventer une nouvelle façon de communiquer va devoir bien se creuser la tête !

La dématérialisation, le virtuel, existent depuis les premières peintures rupestres, ou même encore depuis le premier mot prononcé par l’homme ! Envoyer un courrier, un télégramme, passer un coup de fil, c’était déjà utiliser la dématérialisation. Les nouveaux outils internet n’ont fait qu’accélérer le processus. Et la seule révolution que le web a vécu ces dernières années est de pouvoir mettre en oeuvre une communication un peu plus réaliste que celle qui existait : d’une masse de sites d’informations, dont on faisait le même usage que les livres, on est passé à une masse de site d’interconnexions, les réseaux sociaux, dont on fait le même usage aujourd’hui que des salles de débats, des cafés, des salons de coiffures, ou des conférences.

La vraie solution à une mauvaise communication sur Internet n’est-elle pas de se poser la question de la communication en général ?

Pourquoi Internet fonctionne aussi bien ? Tout simplement, il faut croire, parce que des millions de personnes se sentent plus à l’aise à l’écrit qu’en face à face. Pourtant, les personnes les plus talentueuses sur Internet sont celles qui maîtrisent un certain équilibre entre l’écrit et l’oral. Entre le cérébral et l’émotionnel. Ceux qui savent justement mettre de la « chair » dans leurs écrits, dans leurs vidéos.

« Mis à part le cas des médias, où il me semble essentiel d’apporter un flux d’informations dense et continu, tweeter qualitatif plutôt que quantitatif est à mon avis primordial. Il ne s’agit pas de « noyer » ses followers dans un flot de tweets inutiles, inexploités. Je privilégie pour ma part des articles qui m’ont interpellée et qui m’ont paru pertinents pour l’axe de communication choisi. »

Marie, Community Manager Freelance

Évitez les tweets compulsifs : conseils pratiques

 

  • Envoyez vos messages personnels en DM, c’est-à-dire en messages privés. Cela vous évitera d’ennuyer vos abonnés avec vos « Merci @duchmok » ou « @meteoman Oui, il fait très beau aujourd’hui en effet », qui franchement, n’a d’intérêt que si vous répondez à un abonné comme @michaeljackson ou @barackobama, et encore. Cela vous évitera également de citer des personnes qui ne vous suivent pas, et qui n’en n’ont donc rien à faire que vous les remerciez, que vous soyiez vous aussi au soleil, ou que vous existiez, tout simplement.
  • Faites confiance au sens critique et à la curiosité des autres internautes. N’ayez pas peur que quelqu’un rate une des informations, si capitale et pertinente soit-elle, diffusée par vos soins. Si une information est si capitale que cela, elle sera retweetée par des personnes ayant les mêmes intérêts, et la même soif de connaissance que vous. Beaucoup d’autres influenceurs ont eux aussi des outils de veille. Contentez-vous de mettre des hashtags qui ciblent les sujets traités par votre lien. Le reste se fera tout seul. Réalisez que votre présence numérique ne sera pas démultipliée par le nombre de vos tweets, mais par le nombre de RT que vous obtiendrez, en tweetant l’essentiel, l’original, l’inédit, le « tout chaud », et en n’agaçant pas vos abonnés.
  • Si vous êtes un pro de la gâchette, réservez-vous un espace autre pour relayer toutes les informations de votre veille. Soit un espace personnel et privé, comme un agrégateur d’articles tel qu’Evernote, qui vous permettra de garder une trace des articles que vous avez lus. Vous pourrez les définir par des étiquettes, et ainsi retrouver tous les articles qui traitent d’un même sujet lorsque vous devrez vous servir de ces informations. Si vous tenez absolument à ce que le monde entier sache que vous lisez une blinde d’articles intéressants, réservez-vous un compte Scoop-it, et utilisez un bouton dans votre barre de navigation Internet pour automatiquement « scooper » les infos qui vous paraissent essentielles. Et ne liez pas vos scoops à votre compte Twitter, évidemment… Ou tenez un blog perso où vous publierez chaque jour un billet résumant les liens de votre veille quotidienne. Ainsi, vous n’obligez pas ceux qui vous suivent à « scroller » leur écran à s’en fatiguer la molette pour voir d’autres noms apparaître sur leur timeline Twitter.
 
  • Apportez un éclairage personnel ou critique lorsque vous retweetez une information ou un lien. C’est parfois un défi de le faire en 140 caractères, mais vous avez des solutions concrètes à votre portée :

« Parmi les outils que j’utilise, Yoono, Hootsuite ou encore Tweetdeck, j’apprécie leur possibilité d’éditer un RT, inexistante depuis le site Twitter. En effet, ajouter « Article #RH à lire absolument » ou « A lire pour en savoir plus sur #… » transforme un simple RT en un relai d’information réfléchi et qualitatif. De plus, cela montre que nous avons lu l’article partagé ! (Parfois le Tweet est accrocheur et on en oublierai presque de cliquer…) Alors, tweetons peu, mais tweetons bien ! »

Marie, Community Manager Freelance

  • Utilisez THE outil qui permet de se canaliser quant à l’envoi de tweets en série. Buffer vous permet de programmer jusque 10 tweets gratuitement. Si vous utilisez Socialbro, il peut même les envoyer aux heures les plus actives de votre compte Twitter (après une analyse intitulée « best time to tweet »). Buffer vous obligera à tweeter seulement l’essentiel, et si vous avez un regret, vous pouvez vous rendre dans votre liste de tweets programmés, et annuler ou supprimer un tweet. Il vous permettra aussi de voir l’historique de vos tweets envoyés via un lien raccourci par ses soins, et analyser l’intérêt qu’a représenté votre tweet pour vos followers (en affichant le nombre de clics sur vos liens, mais aussi le nombre de RT). Ainsi, vous pourrez non seulement vous restreindre, mais aussi voir ce qui intéresse vraiment votre communauté.

Chez Yupeek (réseau social professionnel), nous avons décidé de nous séparer en 3 comptes : @Yupeek pour le contenu, les partages, les retweets etc., même si on y copie quelques uns des messages de nos autres comptes (il ne faut pas être trop restrictif quand même !). @Yupeek_jobs qui publie automatiquement nos offres de stage et d’emplois. Cela peut être du gros volume (en fonction des jours). @RHdeNOE se concentre sur les publications issues de notre blog et essaye de faire naitre le débat autour de la RH. Cette séparation nous permet d’éviter la pagaille. Un étudiant et un spécialiste RH ne souhaitent pas voir le même contenu. Nos followers peuvent ainsi choisir ce qui les intéressent, mais aussi indirectement le nombre de tweets qu’ils vont recevoir par jour. Si ils suivent les trois, ça peut monter à 30 par jour. »

Jérémy GREZE, Community Manager du réseau social professionnel Yupeek

Vous n’avez pas d’opinion sur la question ? Vous ne faites pas partie des gens qui se posent la question de leur présence, et vous ne vous demandez absolument pas si vous êtes trop discret sur Twitter, ou au contraire trop « grande bouche » ? Vous n’avez aucune expérience positive ou négative sur ce sujet ? Alors ne commentez pas.

Cependant, si vous vous êtes déjà demandé si vous étiez indispensable à vos abonnés, ou agréable à lire, si vous avez une expertise et d’autres conseils à donner, si vous avez des anecdotes à nous faire partager, n’hésitez pas. Nos 10.000 lecteurs réguliers seront sûrement curieux de connaître ce que vous avez à partager.

Merci de continuer à nous lire, et n’hésitez pas à nous contacter pour réagir aux sujets que nous traitons, à partir du moment où cela reste constructif ! À demain pour la leçon #7 :)

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