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08JUI 14

Les réseaux sociaux dans le cadre professionnel, comment les aborder?

Chez Talentéo, nous sommes convaincus de l’utilité des réseaux sociaux dans le cadre professionnel. Comment les aborder? Quelle présence faut-il y avoir? Nous sommes retournés voir Pascale Solona, qui nous en dit plus sur sa présence au sein de ces réseaux.

Bonjour Pascale, nous t’avons interviewé il y a quelques temps sur ton livre « Pourquoi moi? » où tu nous parlais de ta recherche d’emploi avec beaucoup d’humour. Aujourd’hui, tu reviens dans nos pages afin d’aborder ce qui est devenu un incontournable dans une recherche d’emploi : les réseaux sociaux.

Comment en es-tu venue à les expérimenter?

Aie, j’ai 43 ans donc encore très jeune, certes, mais je suis quand même de cette génération qui a connu, mais surtout allègrement utilisé le fax!

Une partie de mon métier en tant que directrice régionale était de mettre en place des partenariats avec les recruteurs. Très vite, leurs manières de communiquer ont changé: nous sommes dans le début des années 2000 avec les Jobboard et à peine quelques petites années plus tard avec des actions fortes via LinkedIn et Viadeo. Il était donc impossible que je n’ai pas, non seulement un profil, mais en plus un profil à jour sur ces deux réseaux, à la fois pour faire partie de cette nouvelle communauté virtuelle mais surtout afin de faire comprendre qui j’étais, comment je travaillais et pourquoi.

Et puis je me suis regardée travailler! J’ai pris conscience que pour chaque préparation d’interview, de rendez-vous, je « googlisais » naturellement voire instinctivement mes interlocuteurs. Qui sont ils? Que font-ils? Qu’est-ce que les gens disent d’eux? Y a-t-il des articles? Je regardais les photos, les vidéo, le parcours pro sur Viadeo, LinkedIn… je dois l’avouer je me faisais alors quelques auto-réflexions totalement subjectives, donc sans fondement aucun: «tiens il n’a que 40 contacts sur tel ou tel réseau, ce n’est pas trop son truc, ou alors il n’est pas si fédérateur que cela… »

La 2ème prise de conscience a été la suivante, inévitable d’ailleurs: « Et moi, quand je tape Pascale Solona sur Google il se passe quoi? » J’ai par conséquent non seulement mis rapidement mes profils à jour, mais j’ai également trié les informations qu’il me semblait nécessaire de partager. Je fais une légère allusion aux nombres d’«actualités» indécemment commerciales ou ayant un intérêt que je n’arrive pas véritablement à saisir. Bref, pas question de noyer cette communauté virtuelle d’infos qui n’apportent pas grand-chose au final.

Suite à mon licenciement économique, j’ai redoublé d’efforts pour avoir des profils cohérents avec mon expérience et mes nouvelles volontés. Et là, je vais être claire: les réseaux sociaux peuvent vite devenir notre pire meilleur ennemi. Formidables pour toucher des personnes, cruels dans la non réponse si cela ne correspond pas à l’attente du moment du recruteur ou du contact et enfin presque risibles quand je reçois sur mon mail perso les sélections des offres d’emploi en cours qui sont en corrélation avec mon profil, enfin… presque… en tous les cas je serais ravie que cela soit le cas!

Quelles ont été tes difficultés lorsque tu t’y es mise?

Les difficultés sont: la cible, ce que je pouvais écrire et ne pas écrire, qui regarde, pourquoi, comment savoir si mon profil est vu certes, mais comment il est pris par ceux qui le regardent…. Tout est virtuel, la communauté est immense, comment sortir du lot? Comment faire le tri? J’ai eu rapidement beaucoup de contacts, des demandeurs d’emploi, des étudiants, des DRH, des spécialistes du recrutement… J’adore les demandes de mise en relation, c’est assez « valorisant », mais la première limite est: « Pourquoi n’adresse-t-on pas un message qui dit pourquoi cette demande? » Combien le font?

Tout cela a fait que je me suis dit simplement cela: « Ok c’est super, mais il se passe quoi après le fameux « Je t’ai vu, tu m’as vu, on s’est vu et donc… »? Eh bien il se passe: je t’ai vu, tu m’as vu et c’est tout!

J’ai donc fait plusieurs choses après cette 1ère constatation fort désagréable:

  • J’ai repris mes contacts et j’ai gardé ceux en réel lien avec mes volontés, mon parcours et ceux que je pouvais vraiment aider par mes savoir-faire.
  • J’ai surtout arrêté d’attendre autre chose de plus. Les réseaux mettent en relation, donnent une information de parcours, de compétences, de façon libre – et je le souhaite sincère et juste – pour tous ceux qui s’y inscrivent. Ne jamais oublier que les réseaux sociaux sont des outils et non des objectifs.
  • Impossible de communiquer correctement mon besoin si je sors de la notion de « fonction » pour aller sur celles de « ressources combinées ». Mauvaise nouvelle, le marché ne propose pas aux acteurs des outils pertinents, qu’ils soient « demandeurs » ou « offreurs ».
  • Le temps: j’ai compris que le mot opportunité est essentiel. Aujourd’hui, peut-être que mon parcours, mes domaines de compétences, mon expertise ne correspondent pas à l’attente de tel ou tel contact car ce n’est pas son actualité, mais cela ne remet en aucun cas mes savoirs.
  • Articles et informations: tous ces articles publiés, transférés, partagés sont une richesse incroyable. Ils ouvrent à la réflexion, ils fortifient la connaissance, ils permettent d’affiner nos propres jugements, croyances…

Après cette expérimentation, tu y es présente partout de la même manière?

Je pense que professionnellement il est important d’être sur Viadeo, LinkedIn. J’avoue que je préfère LinkedIn, l’environnement, le contenu, les demandes de mise en relation, les actualités.

Sur Facebook, j’ai ouvert une page Pascale Solona Livre pour faire connaître mon livre, ma vision RH. Je n »y passe pas autant de temps qu’il le faudrait hélas. Mais je ne manque pas d’informer ma communauté de mes actions, des articles que je peux écrire et des nouveaux pays, ou villes, visités par mon fameux « Pourquoi moi? » et mon compte privé reste privé.

Twitter est très réactif, court, précis, j’aime beaucoup ce réseau. Dès que je dois animer un débat, comme dernièrement les 2 tours des élections municipales, j’étais ultra connectée et les tweets me donnaient à la seconde un nombre d’infos primordiales pour mon animation radio.

Chaque réseau a son utilité, à nous de nous adapter à son fonctionnement, sa cible. Cela dépend de nous, de nos centres d’intérêts et des utilisations que nous en faisons, et clairement de nos besoins.

Mais c’est vrai que j’ai beaucoup appris en parlant à mes collègues, amis pour trouver ma place au sein de ces réseaux. Je n’ai pas fait une formation « exploiter au maximum LinkedIn, Viadeo  et Twitter », je devrais d’ailleurs! Contactez-moi sur mes profils.

Selon toi, le fait d’avoir 2000 contacts sur LinkedIn et 10 000 followers sur Twitter prouve qu’une personne est visible professionnellement?

Au-delà de la plaisanterie, cela montre que la personne est un influenceur. Ses posts, tweets, articles, partages sont des actions pertinentes, de valeurs, qui suscitent l’intérêt.  Ces personnes sont importantes car elles permettent à chacun de gagner un temps précieux dans la recherche d’informations. Rien n’empêche toutefois la vérification.

Maintenant, tout le monde n’est pas un influenceur et tant mieux, mais je crois qu’il faut vivre avec son temps. Les réseaux sociaux sont de vrais outils. Ils permettent une jolie photographie du parcours pro, du réseau, des actualités, des recommandations.

Petit exemple: j’animais en juin dernier un débat sur le management 3.0 organisé par le club des anciens du CPA de l’EM Lyon. 4 tables rondes avec les directeurs des centres de l’EM Lyon. Voilà ce qu’ils ont fait: pour préparer leurs interventions et donc prendre contact avec moi, ils ont adressé un mail à leurs intervenants avec le lien de mon profil Linkedin.

Bref, on aime ou on aime pas, mais c’est comme cela que cela fonctionne, et ce n’est pas si mal si nous n’en oublions pas la vérification et la rencontre.

Finalement pour toi les réseaux sociaux à destination du recrutement : Révolution ou perte de temps?

Ni l’un ni l’autre, c’est un outil indispensable qu’il ne faut pas négliger, qu’il faut apprendre à maîtriser, recruteurs comme candidats. Ils imposent une vigilance réelle. Ils ne doivent pas cependant limiter ou interdire la rencontre, la réponse personnalisée. Les candidats mettent la non réponse sur le dos des réseaux. Je serais moins catégorique et je pose ces questions : Qui répond? Comment la réponse est donnée? Candidats, comment interpellez-vous les contacts souhaités? Au bout du bout, il ne reste qu’un élément: l’homme!

2014, tout le monde est connecté et cela concerne tous les âges, tous les niveaux. Ce qui me rend triste, c’est que cette ultra connexion qui doit nous rapprocher, nous éloigne au final les uns les autres.

En confondant l’outil avec l’objectif, c’est comme si nous avions pris le Bic et le papier comme finalité en oubliant d’écrire le texte! C’est un peu dommage non?

Et vous, quels conseils donneriez-vous sur l’utilisation des réseaux dans le cadre d’une recherche d’emploi? La parole est à vous!

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Crédit photographique: ©Gettyimages.fr

 

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