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Mak, vous la connaissez certainement grâce à nos Talentéo Awards. Elle a été lauréate du prix rédactionnel. Aujourd’hui, elle revient dans nos colonnes pour nous reparler de son livre, désormais édité par les éditions Kiwi et sorti ce 9 décembre. Elle revient pour nous sur celui-ci et nous en dit plus sur son parcours.

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Je m’appelle Mak, j’ai 40 ans et je suis originaire de Cherbourg, en Normandie. Je suis née avec une maladie génétique rare, une dysplasie ectodermique, c’est une maladie de la peau. A cause de cela, j’ai une atrophie rénale qui a été détectée à l’âge de 6 ans. Ainsi, à l’âge de 7 ans, j’ai été greffée.

J’ai choisi le métier de la communication et me suis battue pour réussir dans cette branche. Cependant, une fois mes études terminées, ma recherche de travail a été très compliquée.

De plus, j’ai toujours refusé de faire une demande de Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). C’est mon médecin traitant qui m’a encouragé à la faire. Une fois obtenue, 6 mois après, j’ai trouvé un poste dans une grande entreprise.

En 2012, j’ai fait un premier burn-out. Je n’avais quasiment plus de vie privée, je n’allais plus à mes cours de théâtre et j’avais mis de côté mon rêve d’écrire des sketchs. Ensuite, j’ai changé de poste et, en 2018, j’ai été harcelé. C’est aussi cette année-là, que j’ai repris les cours de théâtre, que j’ai monté mon one-woman-show et que je suis montée pour la première fois sur scène.

En 2020, avec le confinement, je suis retournée à Cherbourg. Le harcèlement ne s’en est pas arrêté pour autant et, en octobre, j’ai fait un nouveau burn-out. Depuis ce jour-là, je n’ai jamais repris le travail. J’ai eu un choc et je me suis rendu compte que je ne pouvais pas continuer. C’est là que j’ai commencé à écrire un livre.

Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre ?

J’ai vu un documentaire, en décembre 2020, sur la transition de genre. Quand j’ai vu ce petit garçon et le rejet de la société sur la différence, je me suis mise en en colère. En effet, pour moi, il était impossible que ce petit garçon puisse vivre la même chose que moi à son âge et, surtout, que je le vive encore en entreprise. C’est pourquoi j’ai voulu en parler !

Enfin, j’ai toujours voulu écrire. Etant petite, j’écrivais déjà beaucoup, c’était mon moyen d’expression, celui qui me convient le mieux.

Pourquoi as-tu choisi le titre « Moi le quota » ?

Par rapport à mon histoire en entreprise. En effet, sans RQTH, je n’ai jamais trouvé de travail alors que j’avais les compétences nécessaires. Lorsque j’ai eu ma RQTH, j’ai trouvé tout de suite. Ainsi, pour moi, je fais partie d’un quota.

Peux-tu nous en dire plus sur celui-ci ?

Dans mon livre, j’ai voulu parler de mon vécu, témoigner. J’ai aussi voulu donner des solutions concrètes, expliquer ma façon de voir les choses sur le système éducatif, mais aussi les bonnes relations en entreprise. J’y raconte donc mon histoire d’enfant pour montrer aux lecteurs que lorsque vous arrivez en entreprise, vous y arrivez aussi avec votre propre histoire et vos blessures.

En outre, l’histoire de mon livre est intéressante. En effet, lorsque j’ai voulu le sortir, j’étais déjà suivie par pas mal de gens sur les réseaux, notamment grâce à mon spectacle. Ainsi, lors d’une interview de Ouest France, j’ai précisé que je cherchais un éditeur. C’est là que certains m’ont suggéré l’auto-édition.

J’ai donc lancé une cagnotte pour imprimer 500 ou 1 000 livres. J’avais 30 jours pour les avoir et en 10 jours j’avais atteint mon objectif. J’ai finalement eu 4 500€. C’est d’ailleurs ma cagnotte qui a interpellé les éditions Kiwi qui m’ont appelée en mai 2022. Maintenant, je vais pouvoir distribuer mon livre en France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, et même au Canada. C’est une super aventure !

Tu fais également des spectacles, peux-tu nous en dire plus ?

« Comme tout le monde à un poil près » repart de l’origine de ma naissance, ce que j’ai vécu étant enfant et retrace mon expérience.

C’est un peu mon parcours de résilience et comment j’ai réussi à m’en sortir malgré ma différence. Mon spectacle est axé sur la différence physique, le regard des autres et la façon de le gérer. Cela traite aussi des embûches que j’ai rencontrées et comment y faire face.

Tu parles souvent de l’emploi des personnes en situation de handicap, avec la SEEPH, que peux-tu nous dire à ce sujet ?

Je sais qu’une personne en situation de handicap a 2 fois plus de chance d’être au chômage que la moyenne des Français. D’ailleurs, j’étais dans un spot publicitaire de LADAPT qui est passé sur France Télévision.

Selon moi, ce constat est lié à plusieurs facteurs :

  • L’éducation où il y a souvent un problème d’accompagnement des enfants en situation de handicap. Beaucoup ne vont pas à l’école et ne peuvent pas se former. De ce côté, il y a une certaine barrière, un manque d’accessibilité à la formation.
  • En outre, il y a toujours un problème de rejet de la société. Je regrette d’ailleurs que beaucoup d’entreprises attendent la SEEPH pour parler du handicap. Pour moi, plus le sujet sera évoqué, moins il sera tabou que ce soit en entreprise ou dans la société en général.

A mon sens, il faut vraiment changer le regard sur le handicap, être beaucoup plus flexible. Il y a un manque de flexibilité en France. Il faut revenir au concept de bienveillance !

Quelles sont tes prochaines actualités ?

Avec Caroline Le Flour, nous avons mis en place un duo et avons réalisé des vidéos en partenariat avec Talentéo. Le projet devrait sortir très bientôt, mais pour l’instant, je ne vous en dit pas plus. Il faudra nous suivre sur les réseaux pour découvrir tout ça.

Un dernier message à faire passer à nos lecteurs ?

Il faut toujours visualiser l’objectif que vous voulez atteindre. Je m’aperçois à 40 ans que beaucoup de mes objectifs se sont réalisés. Par exemple, quand j’étais adolescente, le film le 5ème Elément de Luc Besson est sorti. En voyant son univers, j’ai tout de suite voulu tourner dans un de ses films. Ainsi, à 25 ans, je suis devenue mannequin atypique. Quelques années plus tard, j’ai eu l’opportunité de jouer dans un film de Luc Besson : Valérian !

Ce qui est drôle, c’est qu’alors que mon physique posait problème en entreprise, c’est grâce à lui que j’ai été choisie par Luc Besson !

Vous avez envie d’en savoir plus sur Mak ? Posez-nous vos questions sur nos réseaux !

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