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Dans le cadre du projet « Inside Out » lancé par l’artiste JR, les patients et le personnel de la clinique « LA BASTIDE » luttent contre la stigmatisation des personnes usagers de la psychiatrie. 50 portraits ont été affichés sur les murs de l’enceinte de la clinique. Avec un message à transmettre : « Je suis en psychiatrie. Regarde-moi quand même ! ». Rencontre avec Julie, membre du personnel pour en savoir plus !

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste le projet « Je suis en psychiatrie, regarde-moi quand même ! » ?

Ce projet est une exposition de 50 portraits grands formats sur le thème de la lutte contre la stigmatisation des personnes usagers de la psychiatrie. Il est porté par les patients et le personnel de la clinique “La Bastide”. C’est une façon de faire entendre leurs voix au travers de leur participation au projet d’art global, “Inside out project”, lancé par l’artiste JR en 2011 quand celui-ci à remporté le prix TED.

Comment est née cette exposition ?

Cette idée est née durant un groupe thérapeutique d’écriture. Chacun a parlé des préjugés et des actes de discrimination dont il a été témoin ou victime parce qu’il est hospitalisé en psychiatrie.

Quels messages souhaitez-vous transmettre à travers cette exposition ?

Parce que les personnes usagers de la psychiatrie sont marquées par le stigmate de la folie.
Parce que les préjugés sur la psychiatrie retardent l’accès aux soins des personnes souffrant de troubles psychiques.
Parce qu’il y a trop souvent un amalgame entre schizophènie et personnes violentes, déviantes, agressives etc.

Il est important que les personnes hospitalisées aient une tribune. Dans ce cas précis, s’offrir au regard du grand public pour changer les représentations sur le sujet. L’idée est de se demander « Et si c’était toi ? » et finalement « Qu’est ce que ça change ? », en affichant des portraits de chacun sans différencier soignants et soignés sur les murs de l’enceinte de la clinique.

Le vernissage a lieu le 3 Février, quel a été l’accueil du public ? Est-il encore possible de venir découvrir les 50 portraits ?

L’accueil du public a été riche en émotions et en partage. Les visiteurs ont été reçu par les usagers de la clinique. Ces derniers ont lu des textes de leur cru afin d’expliquer leur démarche de lutte contre la stigmatisation. C’est également l’occasion de transmettre leur espoir d’être considérés comme tout un chacun. En résumé, ce fut une après-midi où les barrières de « la normalité » sont tombées pour laisser place au plaisir de la rencontre.

Je suis en psychiatrie. Regarde-moi quand même!

Il est encore possible de venir voir les affiches jusqu’au 15 mars. Seulement, comme nous sommes un lieu de soins, il est important de nous contacter avant afin de prévoir un rendez-vous.

Quelles sont les prochaines étapes ? Souhaitez-vous aller plus loin dans la sensibilisation ?

Il est certain que la lutte contre la stigmatisation ne doit pas s’arrêter à un événement isolé. Aussi, c’est désormais un des axes prioritaires du projet d’établissement de notre institution. De plus, c’est également une volonté de nos usagers.

Cette initiative sera de nouveau relayée au travers de notre participation à la Semaine d’information sur la Santé Mentale (SISM 2020) du 16 au 29 mars 2020. En effet, les patients de la clinique « La Bastide » et les travailleurs de l’ESAT le GRAND Linche ont réfléchi ensemble sur des questions de société liées à la discrimination de personnes en situation de handicap.

Ils vont proposer, à partir de cette réflexion, des interviews photographiques pour répondre aux questions soulevées. L’idée est d’attirer l’oeil du public pour qu’il accède à une réponse sur ses préjugés avant même d’avoir posé une question.

L’intention est d’interpeller le visiteur en clamant « Qui est vraiment à côté de la plaque ? ». Ces interviews photographiques seront exposées sur la médiathèque d’Aubagne durant le temps de la SISM 2020. Les portraits affichés seront mis en lien avec une production écrite par un usager de la santé. Ainsi, les visiteurs seront aidés dans l’interprétation de ce qu’ils observent.

Quel message souhaiteriez-vous passer à nos lecteurs ?

Le message essentiel serait « Changeons ensemble de point de vue sur le handicap psychique ». Le meilleur moyen serait peut-être de venir échanger sur le sujet avec les premiers concernés pour dépasser les idées reçues et vieillissantes sur le monde de la psychiatrie.

 

Cette initiative vous a plu ? Continuons à briser ensemble les préjugés sur la psychiatrie ! N’hésitez pas à partager cet article autour de vous. Pour rappel, vous avez jusqu’au 15 mars pour voir les affiches à La Bastide. Il est nécessaire de prendre contact avant afin de prendre rendez-vous ! 

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