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Talentéo poursuis la série d’articles « Travailler avec un collègue en situation de handicap ». Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur l’agoraphobie. Quel est ce handicap et comment cela peut-il se traduire d’un point de vue professionnel ? 

L’agoraphobie en quelques mots

L’agoraphobie fait parti des trouble anxieux. Ressentir de l’anxiété de manière ponctuelle est un phénomène physiologique naturel. Il s’agit d’une réponse physiologique face à un élément stressant ou un danger. Néanmoins, si les symptômes s’estompent rapidement en temps normal, il arrive que ceux-ci s’installent sur la durée, voir qu’ils reviennent de manière trop fréquente. Lorsque le quotidien est touché par une anxiété d’une intensité trop importante, avec un impact sur la vie de la personne, l’on parle à ce moment-là de trouble anxieux.

Néanmoins, elle n’est pas à confondre avec le trouble d’anxiété sociale, ou d’autres troubles phobiques.
L’INSERM définit l’agoraphobie comme la peur irraisonnée et intense des espaces publics dans lesquelles la fuite peut être difficile. Dans les faits, cela peut concerner aussi bien des espaces restreint et clos, comme un ascenseur, ou bien des espaces plus vastes sans délimitations. Être dans une foule d’individus ou dans un lieu vide peuvent être déclencheurs. Il est important de comprendre que c’est l’idée même de ne pas pouvoir quitter ce lieu qui génère l’angoisse.  Le fait d’avoir le sentiment d’être « coincé » et « de ne pas pouvoir s’échapper » est au cœur de ce trouble phobique.

Comment cela s’exprime ?

L’agoraphobie peut provoquer des réactions physiques telles que des palpitations cardiaques excessives. Des bouffées de chaleur ou des frissons. Ou bien des symptômes comme l’inconfort intestinal et des nausées. La majorité de ces symptômes physiques sont très proches des attaques de panique. Celles-ci peuvent par ailleurs s’ajouter à l’agoraphobie.
Ce trouble peut amener la personne concerner à modifier ces habitudes de vie. On peut constater des conduites dites « d’évitement », visant à ne pas avoir à subir des crises d’angoisses. Pour certains individus, cela peut amener à s’isoler socialement, à limiter ou adapter les activités quotidiennes. Dans certains cas, l’anxiété générée est telle que l’idée même de sortir de chez soi devient impossible…

Quelle part de la population est touchée ?

La haute autorité de santé estime que la prévalence de l’agoraphobie se situe entre : « 0,6 % et 1,8 % de la population française. »

S’il n’y a pas de «  gènes de l’anxiété  » à proprement parler, il semblerait que ce soit davantage la combinaison de plusieurs facteurs qui soient à mettre en cause. Que ceux-ci soient environnementaux, génétiques, psychologiques et/ou développementaux. Ces mêmes facteurs peuvent varier et toucher ou non quelqu’un à différents moments de sa vie.

Certains facteurs psychologiques et/ou développementaux semblent néanmoins favoriser l’apparition de ces troubles anxieux, dont l’agoraphobie.

  • Des antécédents de troubles anxieux dans le contexte familial
  • Avoir vécu des événements traumatisants
  • La consommation d’alcool ou de drogues
  • L’existence d’autres problèmes médicaux ou psychiatriques

Bien entendu, ceux-ci ne sont pas des considérations sine qua non. Des individus sans antécédents peuvent même ne pas reconnaitre leurs anxiétés comme excessives. Cela rend d’autant plus important la communication autour de ce trouble.

Quelles solutions existent ?

De par leur impact sur la population, les troubles anxieux constituent un des enjeux majeurs de la santé mentale. En l’état actuel, plusieurs types d’interventions sont recommandés pour traiter l’agoraphobie. Citons par exemple :

  • Les traitements médicamenteux
  • La gestion personnelle des crises et de l’anxiété
  • Les psychothérapies

Le suivi médicamenteux doit bien entendu être effectué par un médecin psychiatre et vise à diminuer l’impact et le niveau des attaques de panique. C’est avec les psychothérapies que l’on semble toutefois rencontrer le plus de succès. Les TCC, ou Thérapies cognitivo-comportementales semblent particulièrement indiquée pour accompagner et traiter l’agoraphobie.  De même que l’EMDR, ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing. Enfin, certain thérapeute recommande une amélioration de l’hygiène de vie, comme faire d’avantage d’exercice par exemple.

Quels aménagements dans le monde du travail ?

Étant donné la nature des effets de l’agoraphobie, l’impact dans la recherche d’un emploi peut s’avérer important. Mais il est bien possible de trouver et de garder un emploi. Ainsi, s’orienter vers des métiers ne nécessitant pas de présentiel ou de déplacements semble intéressante. Travailler depuis chez soi en télétravail semble également une solution intéressante. Enfin, si vous travaillez en entreprise, vous pouvez prendre contact avec la mission handicap. Celles-ci pourront vous donner des conseils ou des adaptations de poste. L’objectif est de vous permettre de mieux vivre votre quotidien au travail. Pas de vous faire culpabiliser ou de vous exposer à des niveaux élevés de stress.

Comment informer et changer le regard dessus

Comme pour la majorité des troubles anxieux ou d’ordre psychologique, il est important de faire preuve de compréhension et d’écoute. Il particulièrement pénible pour quelqu’un atteint de ce type de trouble de se faire entendre dire des poncifs comme : « c’est dans ta tête », ou bien « fait preuve de plus volonté ». La majorité des personnes agoraphobiques ont conscience de ce handicap et de ces aspects invalidants.

Toutefois, il est également important de ne pas renforcer les conduites d’évitement. Le principal est de se montrer à l’écoute des personnes concernées, mais aussi de ne pas les écarter. Ainsi, continuer à dialoguer pour sortir de l’isolement semble être une bonne chose. Ainsi que de montrer qu’il existe des thérapies et des solutions. Leurs efficacités pourraient être d’une grande aide au niveau personnel, mais également professionnel.

Vous êtes atteint(e) d’Agoraphobie et souhaitez faire un témoignage sur le sujet ? Une personne de votre entourage ou un proche souhaiterait le faire ? Vous pouvez prendre la parole sur les réseaux sociaux !

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