306

Si le cancer est une maladie, il peut également devenir un handicap, visible ou pas. Il peut être invalidant et impacter la vie professionnelle. Talentéo s’est interrogé sur ce sujet parfois compliqué à aborder au travail.

Le cancer, c’est quoi ?

Le cancer se caractérise par une prolifération incontrôlée de cellules due à une mutation dans l’organisme. Cette multiplication anarchique amène au développement de tumeurs qui en grossissant envahissent les zones entourant les organes. Ces cellules cancéreuses peuvent se propager, atteindre d’autres organes pour former de nouvelles tumeurs, ou circuler librement. Le cancer détruit petit à petit ce qui est autour de lui, mettant en danger la vie de la personne. Il existe plusieurs moyens de traiter un cancer, laissant parfois des séquelles pouvant handicaper.

Quelques chiffres

  •  le taux de cancers augmente : 382 000 (204 600 hommes, 177 400 femmes).
  • les décès liés à cette maladie baissent : 157 400 (dépistage précoce, traitements sont des raisons).

L’enquête nationale VICAN5 révèle que 12% des salariés estiment avoir été rejetés ou discriminés par leurs collègues de travail, à cause de leur maladie. La dégradation de la situation professionnelle des personnes ayant eu un cancer est manifeste : – chute du taux d’emploi à 75,9% (vs 87,3%), – et du taux de chômage de 9,5% (vs 7,3%).

Toujours un sujet tabou au travail ?

1 000 annonces de cancer sont faites quotidiennement, dont 400 à des travailleurs. La question de savoir s’il on doit en parler à son employeur, ses collègues tombe sous le sens, mais reste une décision difficile à prendre. Le club d’entreprises Cancer@Work a publié sa 2ème étude. Les mentalités changent, mais des progrès restent à faire, notamment au niveau du retour à l’emploi et de l’accompagnement. Selon ce baromètre, 55% des actifs estiment difficile de parler de son état de santé (vs 73% en 2013). Le problème majeur est le manque d’organisation, car rien n’est prévu pour remplacer le salarié malade. De plus, 36% des salariés malades connaissent mal les dispositifs légaux, et 55% des actifs pensent que l’accompagnement des collaborateurs atteints de cancer devrait être amélioré.

Le cancer étant la 1ère cause de décès par an en France, il semble évident que les entreprises devraient se pencher un peu plus sur la conciliation travail/maladie. Et il y a beaucoup de progrès à faire :

  •  6/10 salariés malades pensent que le cancer est un sujet tabou en entreprise,
  • 1/4 personne perd son travail 2 ans après avoir été diagnostiquée,
  • 11% s’estiment « pénalisés à cause de leur cancer »,
  • 30% pensent que leur manager ne les a pas accompagnés.

Les chefs d’entreprises voient les choses autrement : pour 92%, il faut en parler pour pouvoir mettre en place une organisation compatible avec l’état de santé du salarié. Les collègues quant à eux, estiment qu’un collègue atteint d’un cancer perturbe leur activité professionnelle : ce sont eux qui récupèrent le travail du salarié malade s’il s’absente.

En parler ou pas ? Et comment ?

C’est toute la question ! Rappel : le salarié n’a aucune obligation légale d’informer son employeur de la nature de sa maladie. Mais dans le cas d’un cancer, il est souvent difficile de le cacher : perte de poids, de cheveux, fatigue, pénibilité à effectuer certaines tâches, nom du spécialiste sur l’arrêt de travail …

Vaut-il mieux prévenir d’une prochaine absence de longue durée ? Tout va dépendre de la nature des relations entre le salarié et son employeur, ses collègues, du contexte de travail (grosse ou petite entreprise, restructuration ou pas …). C’est un risque à prendre et c’est une décision personnelle. Mais continuer à travailler, à voir du monde et être soutenu, peut être bénéfique pour mieux supporter les traitements et garder le moral. De plus, expliquer sa situation permettra au patron de s’organiser et d’expliquer ce que va être la nouvelle organisation du service pendant quelques temps ; cela anticipera le retour à l’emploi. Les traitements impactant différemment les malades, personne ne peut savoir à l’avance comme elle ou il réagira.

Pensez au médecin du travail ! Il peut être de bon conseil, comme guider dans la manière d’en parler à son supérieur, évaluer si le poste sera compatible ou pas avec le traitement, avec ou sans aménagement… ; le médecin du travail est tenu par le secret médical.

Le problème est encore différent lorsque la personne qui a été malade recherche un emploi : un « trou » peut apparaître dans son CV. Là encore, tout dire ou trouver une justification personnelle à cette absence de poste dépendra du contexte.

Cancer@Work : une aide précieuse !

Anne –Sophie Tuszynski a fondé cette association, après un cancer du sein. Son but : aider les malades et les entreprises dans la gestion de cette situation. Le club d’entreprises Cancer@Work compte 40 adhérentes désireuses de faire évoluer les pratiques dans ce domaine, et + d’1 million de personnes sensibilisées : « l’objectif est de replacer l’Humain au cœur du processus ». Depuis 2016, Allo Alex – ligne téléphonique gratuite – conseille employeurs et malades et proposent des solutions pratique pour parvenir à un bon accompagnement, pour le cancer et toutes maladies chroniques. Elle a édité le guide « Cancer et Travail ». Le 31 janvier 2019, l’association a lancé le 1er label mesurant « le progrès social généré par l’inclusion des personnes malades au travail ». « Unstoppablerésumé », outil digital développé par l’association, génère des textes comblant les absences et mettant en évidence les qualités développées pendant la maladie (esprit d’équipe, gestion du stress, force, patience …). Le CV devient alors « imparable ». Les candidats peuvent se situer par rapport à leur projet professionnel et retrouver de la confiance en soi lors des job datings de Cancer@Work. Le prochain aura lieu à Paris le 27 juin.

Vous souhaitez réagir à cet article ? Témoigner ? Rendez-vous sur nos plateformes sociales !

Partenariat

Partenariat

Affaires sensibles

Démocratie corinthiane : foot, bière et rock’n roll

00:00