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Talentéo s’associe à son partenaire Page Personnel pour vous faire découvrir les coulisses du recrutement en France. Nos recruteurs sont-ils plus frileux que leurs voisins? Réponses.

Savoir-être, soft skills, compétences comportementales, qualités relationnelles: voici des termes que vous avez forcément entendus ces derniers mois si vous êtes en recherche d’emploi. Et pour cause, car la France, sur ces points, semble à la traîne. Un récent article publié par BFM Business s’arrêtait justement sur la différence de perception (et de prise en compte) de ces compétences aux États-Unis et dans l’Hexagone. Mais alors: qu’est-ce qui bloque en France?

Les soft-skills, c’est « oui » pour les recruteurs. Mais dans les faits…

Si DRH et recruteurs s’accordent de plus en plus sur l’importance du savoir-être et des qualités humaines des candidats et en font aujourd’hui au même titre que la formation ou l’expérience un critère de sélection de leurs futurs collaborateurs, la perception des candidats reste, dans les faits, assez éloignée de cela. Page Personnel organisait récemment un jeu concours afin d’améliorer ses process de recrutement en donnant la parole aux candidats. Parmi les retours obtenus, certaines récurrences, notamment celle-ci, révélatrice: il faut donner plus d’importance aux qualités relationnelles, aux connaissances acquises par passion, à ce que l’on est, à ces compétences qui ne se valident pas par un diplôme.

A l’heure du 2.0, de la digitalisation des process et métiers, à l’heure où de nombreuses frontières semblent se diluer, ne doit-on pas tendre, en effet, à plus de confiance et de flexibilité dans le recrutement?

Les employeurs français plus frileux?

Outre-Atlantique (et même en réalité Outre-Manche ou dans les pays du Nord), un candidat pourra plus facilement tirer son épingle du jeu à partir de ce qu’il est et de ce qu’il sait. De ce qu’il est capable de montrer, d’apporter au recruteur qu’il rencontre. La confiance pourra naître de cet échange, sous des conditions moins poussées d’expériences validées.

Céline*, l’une des collaboratrices de Page Personnel partage son expérience: « En 2009, je suis partie aux Pays-Bas pour trouver du travail après deux maîtrises et un Master. En France, malgré des dizaines de CV envoyés, je n’avais aucun retour. Crise économique, ville d’origine, filière bouchée, manque d’expérience, …: on pourra citer bien des éléments pour « expliquer » cette situation. Quoiqu’il en soit, j’ai choisi de partir, vers un pays dont je ne maîtrisais pas la langue mais dont je connaissais la flexibilité et les croyances en matière d’individualités. J’ai envoyé 4 candidatures, été reçue pour 3 entretiens dont une fois alors que le poste était déjà pourvu, parce que le recruteur voulait « mieux me connaître » pour éventuellement me proposer autre chose. Je me souviens m’être sentie à la fois agréablement surprise et triste: c’était quelque chose d’impensable pour moi en France ».

Au cours du processus de sélection en France, le recruteur visera à valider des éléments comportementaux clés pour une bonne intégration en entreprise. Reste que dans le cas d’un cabinet de recrutement, la vérification des diplômes et expériences professionnelles (validées par des références) fait partie des obligations de moyens envers les clients finaux.

De manière plus générale, ces éléments viennent certifier un parcours qui apparaît alors comme « garanti ». Ils ont pour effet de rassurer l’employeur qui préfère encore souvent s’appuyer sur des faits vérifiables (diplômes, expériences professionnelles pertinentes) plutôt que de prendre certains risques, que nos voisins considèreraient probablement comme « mesurés ». Sous l’influence de nouveaux modèles entrepreneuriaux, des générations Y ou Z garants d’une « liberté de penser et d’être » retrouvée, à l’ère des MOOCs et de l’auto-formation, on ressent d’ores et déjà une évolution des mentalités.

Et si, pour le bien de l’emploi en France, on se (re)faisait confiance?
Et vous, que pensez-vous du recrutement en France? La parole est à vous!

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