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Il y a quelques mois, nous vous présentions les Café Joyeux. Ce concept de café boutique est né d’une volonté de bienveillance : remettre les personnes porteuses d’un handicap mental au cœur des villes et favoriser les rencontres. Les restaurants sont de plus en plus nombreux à intégrer des profils en situation de handicap pour travailler en cuisine et en salle. Focus sur ces lieux qui mettent la différence à leur carte de façon positive.

 

Les Cafés Joyeux : un exemple pour l’insertion des personnes en situation de handicap

Les enseignes « Café Joyeux » misent sur la solidarité. En plus des produits frais, de qualité et des recettes maison, les cafés sont servis avec le cœur ! Tout est cuisiné par des personnes porteuses d’un handicap mental ou cognitif. Café Joyeux permet ainsi à ces personnes de reprendre confiance en elles et de s’intégrer à un travail en milieu « ordinaire ».

Les équipiers des Cafés Joyeux sont pour la plupart atteints de trisomie 21 ou atteints d’un trouble cognitif comme l’autisme. Ils sont recrutés après un entretien servant à évaluer leurs capacités en cuisine, en salle ou à la caisse et leur fatigabilité. Si le management est avant tout basé sur la bienveillance, il n’y a pas fondamentalement de différence avec une autre entreprise. Il s’agit de trouver le talent de chacun et de s’adapter à chaque employé.

Paris, Rennes et récemment Bordeaux, les Café Joyeux sont une réelle réussite en restauration. En entrant dans un Café Joyeux, rien n’indique sciemment que le visiteur entre dans un restaurant « différent ».

Le Reflet : une véritable aventure humaine

Le Reflet est un restaurant créé en décembre 2016 à Nantes. Plus qu’un restaurant c’est un lieu de partage et de convivialité ! En effet, dans ce restaurant, les employés sont majoritairement atteints de trisomie 21. Né de l’initiative de Flore Lelièvre, le restaurant, très souvent complet, figure parmi les 10 meilleurs restaurants à Nantes sur le site TripAdvisor.

Ce résultat n’est pas dû au hasard. Une grande partie de l’équipe a été formée au sein de l’institut culinaire de Paris. De plus, le Reflet accueille régulièrement des stagiaires.

En 10 saveurs : la restauration qui s’adapte au handicap

Au restaurant En 10 Saveurs, c’est la restauration qui s’adapte au handicap et non l’inverse ! Lorsqu’en mars 2019, Nathalie Guerrier a créé ce restaurant avec son mari à Levallois-Perret en région parisienne, elle savait la différence qu’allait provoquer le fait de proposer un premier emploi à des jeunes en situation de handicap mental ou cognitif. Son objectif ? Rendre plus visible et accessible le handicap au cœur de la ville.

Parents d’un petit atteint de trisomie 21, les gérants se sont inspirés du concept via des voyages en Italie et aux Etats-Unis.

« Nous avons pour souhait que les personnes employées soient polyvalentes, et tous passent donc en salle et en cuisine. C’est vraiment l’objectif. L’idée est qu’il y ait ensuite d’autres restaurateurs qui les emploient et qu’ils aient plusieurs possibilités. » – Nathalie Guerrier

Deux personnes sont là pour encadrer les personnes employées. Mounia Fellak qui occupe la fonction de seconde en cuisine est déjà sensibilisée au handicap. En effet, son fils est atteint de trisomie 21. Ainsi, elle rédige des fiches explicatives à destination de ces jeunes salariés, afin qu’ils puissent plus facilement se rappeler des procédures à respecter.

Pour Clotilde Reboul, responsable de la salle, l’important est de trouver un bon compromis entre un service de qualité à offrir aux clients et une confiance qu’elle accorde à ces jeunes en situation de handicap. Elles leur permettent ainsi de développer progressivement leurs compétences, d’être à leur écoute, les encourager, leur permettre une activité professionnelle et donc un épanouissement personnel. Ils s’arment ainsi pour se confronter à d’autres expériences professionnelles qui viendront enrichir leur parcours.

Dans le noir ? : une expérience sensorielle unique

Un autre pionnier de l’inclusion est le restaurant « Dans le noir ? » rue Quincampoix à Paris. Créé en 2004, tous les serveurs de ce restaurant sont aveugles ou malvoyants. Les clients mangent dans le noir absolu. Convivial et très immersif, ce restaurant insolite propose un moment d’empathie positif qui casse nos a priori sur le handicap. Vous serez portés par cette inversion des rôles. L’expérience nous permet de « percevoir » la richesse de la diversité.

Cet exemple a entraîné la création d’autres établissements avec la même vocation :

  • Les petits plats de Maurice (à Paris)
  • O Bel Endroit (La Roche-sur-Yon)

Pour tous ces restaurants, le handicap est porteur de talents, d’espoir et de valeurs positives que les restaurateurs aiment partager avec bienveillance.

Fonctionnement et mise en place

Stimulante pour des salariés, l’insertion de personnel en situation de handicap dans la restauration valorise les qualités. Pour faire tourner à plein régime ce type de restaurants, chacun a sa stratégie. Au Café Joyeux, les équipes ont choisi du matériel pratique et tactile. Chez les Petits Plats de Maurice, l’accent est mis sur des appareils de cuisine high-tech.

« Tout ce qui permet d’anticiper, de donner des repères et d’autonomiser est bénéfique » – Isabelle Pollet-Rouyer, directrice de l’Esat lié au restaurant.

L’innovation est également au coeur du fonctionnement. En effet, de nouvelles astuces se trouvent au quotidien pour faciliter l’organisation dans le restaurant. Par exemple, au Reflet, les commandes sont faites à partir de cartes tamponnées par le client. C’est une manière originale et pratique d’inclure tout le monde dans le restaurant !

Vous avez déjà testé l’un de ces restaurants ? La parole est à vous sur nos plateformes sociales ! 

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