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Talentéo continue sa série «  Travailler avec un(e) collègue en situation de handicap ». Nous allons aujourd’hui nous pencher sur la maladie cœliaque. Ces dernières années, la mode de l’alimentation « sans gluten » a contribué à faire connaître ce handicap. Toutefois, la maladie cœliaque reste encore peu connue. Quelles sont les solutions et aménagements à envisager afin de pouvoir surmonter ce handicap ?

Nous allons parler ici des traits et symptômes parmi les plus communs. Chaque situation est bien entendue à prendre au cas par cas. Cela afin de pouvoir agir et adapter au mieux la situation de handicap.

La maladie cœliaque en quelques mots :

La maladie cœliaque est une pathologie chronique d’origine immunologique touchant l’intestin grêle. Plus précisément les villosités qui tapissent celui-ci. Celles-ci permettant l’absorption des nutriments, leur destruction risque de provoquer à terme un syndrome de malabsorption. Il peut s’en suivre des carences en vitamines autres éléments.

La prévalence de la maladie est estimée à 1 % de la population. La plupart des personnes touchées semble peu, voir asymptomatiques. Cette maladie est cependant majoritairement sous-diagnostiquée. Il est estimé que seulement 10 à 20 % des personnes cœliaques a connaissance de sa maladie.

La maladie cœliaque, qu’est-ce que c’est ?

Tout d’abord, il est à noter qu’il ne s’agit pas d’une allergie alimentaire. Il est donc important de la différencier de l’allergie au gluten ainsi qu’à l’intolérance ou sensibilité non cœliaque au gluten. Chez la personne cœliaque, le gluten ingéré va déclencher une réaction disproportionnée du système immunitaire. Cela va créer une inflammation qui va entraîner à son tour la destruction des villosités.

La maladie cœliaque est une pathologie auto-immune. Bien qu’elle ne soit pas à proprement une maladie génétique, certains gènes dits de susceptibilité sont la plupart du temps présent chez les cœliaques. S’ils peuvent entraîner une prédisposition, leur seule présence est toutefois insuffisante pour déclencher la maladie. L’élément déclencheur « activant » la pathologie est quant à lui toujours méconnu pour le moment.

En premier lieu, le diagnostic sera fait par le biais d’un test sanguin spécifique. Il permettra de connaître le dosage d’un anticorps propre à la maladie. Si le test s’avère positif, une biopsie de la muqueuse du duodénum (le segment de l’intestin grêle en contact avec l’estomac) sera faite. Le gastro-entérologue procédera à une endoscopie pour confirmer le diagnostic.

Quelles en sont les causes ?

Le mot gluten provient en fait du mot latin pour désigner « la colle ». Il s’agit de la partie protéique de la céréale servant de liant et ajoutant de la cohésion à l’aliment. D’où son usage important dans l’industrie agroalimentaire ainsi qu’en cuisine.

Les céréales contenant la protéine de gluten auxquels les malades cœliaques sont sensibles peuvent se regrouper sous l’acronyme SABOT : Seigle, Avoine, Blé, Orge, Triticale.

Le sarrasin, le maïs, le riz ainsi que le teff (une céréale africaine), sont consommables par les personnes cœliaques. Il existe donc plusieurs types de gluten, mais seul celui provenant des céréales citées plus haut représente un risque pour les personnes cœliaque.

Commencer et tenir ce type de régime peut apparaître comme effrayant au début. Cela vient notamment de la place des aliments et plats contenant de la farine de blé. Ainsi que de l’utilisation très importante du gluten dans l’industrie agroalimentaire. La première habitude à prendre consiste à vérifier les composants sur les étiquettes. La seconde consiste à éviter les « contaminations croisées ». C’est-à-dire ajouter par mégarde du gluten à des aliments n’en contenant pas au moment de leur préparation.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans le milieu professionnel ?

Pour la personne cœliaque, les symptômes vont la plupart du temps se concentrer sur la région intestinale. Cela la classe parmi les handicaps dits « invisibles ». Bien que ces symptômes disparaissent chez la majorité des personnes cœliaques après la mise en place du régime sans gluten, il peut résulter une sensibilité intestinale accrue à moyen ou long terme. Les symptômes et troubles intestinaux sont souvent perçus comme « tabous » par les personnes concernées. Il peut donc s’avérer parfois délicat d’aborder le sujet.

De même, le fait de travailler en entreprise peut exposer à des situations à risque. Comme, par exemple, de partager un repas avec ses collègues et collaborateurs. Les miettes de pain et la farine sont particulièrement volatiles. Elles peuvent donc parfois se glisser dans les aliments. Il est alors frustrant, pour la personne malade, comme pour ses collègues, de ne pas pouvoir manger en toute quiétude. En effet, le gluten est potentiellement présent sur tous les aliments manufacturés, que ce soit naturellement ou bien par contamination croisée. Cela s’applique également aux aliments cuisinés. Dans ce cas, l’inattention ou l’inexpérience peuvent contaminer des aliments normalement « gluten-free ».

Enfin, lors de repas d’affaires, ou en déplacement professionnel, il est parfois ardu pour la personne cœliaque de pouvoir manger à n’importe quel endroit.

Comment y pallier ?

La maladie cœliaque en elle-même ne nécessite pas la prise de médicament. Le seul « traitement » revient à ne pas ingérer de gluten. Pour le moment, seul un régime strict excluant le gluten « à vie » est indiqué.

Afin de pouvoir s’y retrouver au milieu des additifs et composants, des associations, comme l’Association Française Des Intolérants Au Gluten, ou AFDIAG, existe. Elle peut apporter des conseils sur différents produits et organise différents colloques médicaux sur l’avancée de la recherche dans ce domaine.

Quels aménagements mettre en place ?

Comme pour d’autres handicaps dans le milieu professionnel, la meilleure manière de procéder est d’avoir une communication efficace et sincère.
Chaque personne a une sensibilité au gluten et une façon de le gérer différente. Demandez à votre collègue présentant cette pathologie la façon dont elle souhaiterait s’organiser. Une chose à garder à l’esprit est de ne pas insister devant un refus. Ainsi que de ne pas prendre les choses personnellement si votre collègue ne mange pas ce que vous avez préparé ou apporté.

Les aménagements possibles peuvent également s’axer sur la possibilité d’aller aux commodités. A sa convenance, quand cela s’avère nécessaire, sans que cela ne défraye la chronique. Cela peut rassurer le collaborateur concerné. Dans le cas d’un repas d’entreprise, demandez à votre collaborateur s’il connaît des produits particuliers et ce qu’il souhaiterait. Pendant un repas d’affaires, il est possible que votre collègue ne puisse pas manger dans le restaurant concerné. Peut-être cette personne aura anticipé et déjeuné avant ? Ou bien désir t’elle y aller ?

Écoutez son avis sans lui forcer la main ni la mettre à l’écart. L’important est encore une fois d’échanger à ce sujet, de voir avec la personne concernée ce qu’elle préférerait pour se sentir au mieux au sein de l’entreprise.

Enfin, la modulation des horaires ainsi que la possibilité de faire du télétravail sont des pistes intéressantes pour les personnes cœliaques. Notamment en cas d’ingestion accidentelle de gluten, pouvant mettre l’intestin à mal.

Vous êtes atteint(e) de la maladie cœliaque et souhaitez témoigner ? Vous avez une personne de votre entourage concernée ? Nous vous donnons la parole sur les réseaux sociaux !

 

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