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Toujours à la recherche de portrait inspirant, la Talentéo team est partie à la rencontre de Valérie Hirschfield. A 54 ans, Valérie a été amputée il y a plusieurs années à la suite d’une septicémie. Loin de laisser cette épreuve prendre le dessus, elle décide de relever des défis sportifs plus fous les uns que les autres ! 

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Valerie Hirschfield, j’ai 54 ans et je vis à la Seyne-sur-mer dans le Var. il y a 15 ans, je tombe malade et pendant une de mes opérations j’attrape un staphylocoque doré. Quelque mois plus tard c’est l’amputation car je fais une septicémie. Il fallait que je me relève vite car j’ai 3 enfants qui ont besoin de moi. Les mois précédents l’amputation j’étais trop malade pour m’occuper d’eux. Mon rôle de maman n’était plus en première ligne. J’étais hospitalisée ou alitée avec beaucoup de douleurs et j’étais très faible.

J’ai choisi de rentrer chez moi après l’amputation et de revenir après la rentrée scolaire pour y faire ma rééducation et être appareillée. Quatre jours après l’amputation, j’ai repris ma vie.

Valerie Hirsfield : amputation

Comment votre amputation à modifier votre rapport au sport ?

Suite à mon amputation, j’ai pu reprendre très vite le sport avec un peu de natation malgré que le fait que je sois très affaiblie. Cela ne m’a pas suffit et je me suis mise au tennis fauteuil, sport que je pratique toujours aujourd’hui (entre 4 et 6 heures par semaine). Je pratiquais déjà le tennis avant mon opération, la seule nouveauté pour moi c’était le fauteuil. C’est très physique, mais pas très compliqué. Je fais également un peu de surf, du flyboard, un peu de snowboard et prochainement je vais essayer le kite surf.

J’adore la mer, la plage, le soleil… Un jour j’ai eu envie d’apprendre la planche à voile. A ce moment, je n’avais toujours pas de prothèse car je n’avais pas encore fait ma rééducation. Je me suis renseignée auprès d’un ami qui m’a conseillé de faire du stand up paddle. J’ai suivi son conseil. La seule chose que je faisais c’était de me mettre debout et de me laisser porter par l’eau. Je pouvais donner des coups de pagaie du côté où j’avais ma jambe, mais à chaque coup du côté où je n’ai pas ma jambe, je tombais à l’eau.

Vous réalisez aujourd’hui de nombreux défis sportifs, comment est née cette envie ?

Un jour, sur Facebook, je vois une course de stand up paddle qui se déroule depuis maintenant 11 ans, au nord des Pays Bas. Il s’agit de la « 11 City Sup Tour » avec 220 km à parcourir sur les canaux, pendant 5 jours (équivalent de 5 marathons). Je me suis dit qu’il fallait que je m’inscrive ! Un petit fou quand même, surtout quand on a qu’une jambe. J’étais la toute première personne en situation de handicap à faire la demande pour cette course auprès d’athlètes internationaux et valides.

Je me suis fait appareillée et suis allée dans un centre de rééducation, 3 fois par semaine pendant quelques mois. C’était en juillet 2015 et ma course de paddle début septembre de la même année. Malheureusement je n’arrive à faire que 180 km sur les 220 km. Grosse déception ! En septembre 2016, j’y retourne et cette fois-ci je réussi ! Le tout en passant entre 7h et 9h par jour sur une planche. 

Cette course a été le point de départ d’une longue série de challenges. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, après cette course de paddle j’ai organisé une marche à pied entre la Seyne-sur-mer et Marseille, pour récolter des dons pour les enfants malades. En janvier 2017, je suis partie avec un groupe d’ami(e)s et nous avons mis 2 jours pour 63 km.

En avril 2018, je vois une publication sur les réseaux pour une course d’escalier qui se déroule à Marseille et qui vient en aide à l’association ELA, parrainée par le grand Zinedine Zidane dont je suis très fan. Il faut grimper 25 étages pour la bonne cause. Mon chrono 12 minutes 15 secondes pour 25 étages. Pas du tout fatiguée, on descend et on remonte dans la foulée !

Tower Run

Trop contente d’avoir fait 50 étages, je décide de m’inscrire à la Tower Run de la Tour de Montparnasse en septembre 2018 (60 étages / 1000 marches). J’ai gravi les 1000 marches en 42 minutes et 25 secondes. Etant donné que je monte les escaliers deux par deux, sans prothèse et avec mes béquilles, je prends beaucoup de place. Je suis donc obligée à certains moments de m’arrêter et laisser passer des coureurs, mais le chrono officiel ne le prends pas en compte.

A la Tour Montparnasse je rencontre des pompiers belges qui m’invitent à venir à leurs journées portes ouvertes à Bruxelles. Il y a une tour à grimper, la Tour des Défis.

Je fais aussi les No Finish Line. Ma première était à Nice en Juin 2018, puis Monaco en Octobre de la même année, et en Avril 2019 à Nice (25 km de marche ce jour-là). Le 16 mai 2019, j’ai monté les escaliers de la tour first à la Défense (Paris) et le lendemain j’ai enchaîné avec la No Finish Line à Paris.

Quel est votre défi le plus marquant ?

La verticale est le plus beau défi que j’ai fait !  J’ai envoyé une lettre de motivation à la société qui gère la verticale de la Tour Eiffel car je voulais y participer. J’ai eu la réponse tant attendue au mois de janvier 2019 et j’ai enfin pu gravir les 1665 marches de notre dame de fer.

J’avais informé l’organisation qu’il me faudrait à peu près 1h15 minutes. Ils m’avaient dit que j’avais tout le temps qu’il me faudrait. Au final, j’ai fait un chrono de 52 mins et 34 secondes. J’ai dû m’arrêter entre 10 et 15 minutes sur le parcours pour laisser passer des coureurs ou pour reprendre mon souffle. Il y avait beaucoup plus de difficultés qu’à la Tour Montparnasse. Déjà c’est à l’extérieur puis il y a les escaliers métalliques, le vent, le froid. Etant donné que j’ai toujours les yeux rivés au sol pour voir où je positionne mes cannes et mon pied, c’est beaucoup de concentration.

Quel message souhaiteriez-vous passer à nos lecteurs ?

J’espère que dans tout ce que je fais je vais arriver à changer le regard sur les personnes qui sont « différentes » et surtout donner de l’espoir à ceux qui pensent que leur vie ne vaut plus rien parce qu’ils se retrouvent avec un handicap.

 

Merci Valérie pour ce témoignage inspirant ! N’hésitez pas à suivre son quotidien sur son compte Instagram ! Vous êtes en situation de handicap et amateur de défis sportifs ? N’hésitez pas à nous contacter via nos plateformes sociales !

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