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Nous poursuivons notre série « travailler avec un collègue ». Focus aujourd’hui sur une problématique récente : l’illectronisme. Qu’est-ce que l’illectronisme ? Quelle part de la population française en est atteint ? Comment cela se traduit-il concrètement ? 

 

Qu’est-ce que l’illectronisme ?

L’illectronisme – ou inhabilité numérique, illettrisme numérique ou encore illettrisme électronique – se présente comme les difficultés, voire les incapacités que rencontre une personne à utiliser les outils numériques, les logiciels informatiques, à cause de manque et/ou d’absence totale de connaissances quant à leur fonctionnement. Le terme « illectronisme » transpose l’illettrisme à l’informatique et au numérique.

Cependant, de manière générale, l’illectronisme résulte souvent aujourd’hui d’un manque de connaissances, mais aussi de peurs et d’aversions vis-à-vis du numérique. En effet, pour certains, internet est une arme puissante, impressionnante et effrayante. Ce handicap les prive ainsi de certains services et d’informations.

Ces réticences dépassent une simple ignorance ou une incapacité d’accessibilité matérielle. En effet, l’illectronisme est différent de l’e-exclusion : dans le sens où cela provient d’un manque de connaissances et non pas de moyens.

Quelle part de la population est concernée par l’illectronisme ?

En 2019, les chiffres sont alarmants. 11 millions de Français seraient de près ou de loin concernés par l’illectronisme et la fracture numérique. Cela fait donc plus de 23 % des Français qui ne sont pas à l’aise avec le numérique. Selon Annie Ripon-Serre, co-auteur d’un rapport sur ce sujet, la première catégorie de profils concernés par l’illectronisme sont les séniors. En effet, si « 27 % des 60 ans n’utilisent jamais Internet, ce chiffre passe à 42 % pour les plus de 80 ans. Pour autant, impossible de faire l’impasse sur les jeunes ». Bien que nés avec ces nouvelles technologies et très à l’aise sur certaines plateformes, ils se « trouvent désemparés dès que l’utilisation devient moins ludique ».

En outre, les 7 % des illettrés en France sont également concernés par l’illectronisme. Tout comme les zones blanches où il y a peu de réseau et de connexion.

L’illectronisme : un fléau dans le monde professionnel et la vie de tous les jours

Avec la transformation digitale des entreprises et la numérisation de notre société actuelle, il y a des habitudes, gestes et réflexes qui sont devenus indispensables pour évoluer en tant qu’individu. Comme par exemple :

 

  • Communiquer
  • Effectuer des démarches en ligne
  • Créer numériquement
  • Rechercher des informations
  • Exploiter des ressources
  • Evaluer des contenus
  • Rejoindre des communautés en ligne…

Il s’agit principalement de comprendre le fonctionnement, de savoir communiquer correctement et de surfer en toute sécurité. Ces compétences indispensables ne cessent de se renouveler tout au long de sa vie, tant les technologies continuent d’évoluer ! C’est pourquoi l’illectronisme peut concerner tous les citoyens et professionnels à tout moment de leur vie. Pour y faire face, il faut mettre en place des initiatives et privilégier des actions vers une société dite apprenante et bienveillante, quant aux outils et fonctionnalités numériques.

Quels sont les préjugés les plus courants quant à l’efficacité professionnelle des personnes concernées par l’illectronisme ?

Certains préjugés généraux se retrouvent face à l’illectronisme qui peut être une vraie situation de handicap pour certaines personnes et qui n’est pourtant pas très reconnue :  manque de compétences, un manque d’intérêt, une remise en doute de l’intelligence et des talents de la personne. Certaines personnes regardent ces personnes concernées, dépassées face aux technologies comme des personnes « has-been », pas tendances, qui restent dans le passé et sont donc souvent exclues.

Du côté de la personne concernée par l’illectronisme, nous assistons à un gros sentiment d’échec, de honte, et de découragement.

Quels sont les solutions à envisager ?

En plus des réfractaires au numérique, il y aussi une dimension psychologique très importante sur cette thématique à ne pas prendre à la légère ! En effet, pour accompagner les individus et professionnels terrifiés à l’idée de se lancer, des sites fluides, intuitifs, attractifs et qui renforcent l’expérience utilisateur pourraient dans un premier temps rassurer et atténuer certaines appréhensions.

Si vous êtes concerné par l’illectronisme, nous vous conseillons en premier lieu d’essayer de déterminer autant que possible le champ d’actions de vos connaissances en numérique – vos capacités de formation et vos limites.

En parler, communiquer avec ses collaborateurs permet d’envisager aussi des substituts. Par exemple, en utilisant le téléphone mobile au lieu d’un ordinateur ou d’une tablette, utiliser la recherche vocale… Il existe de nombreuses solutions pour simplifier les processus  !

Enfin, bien évidemment, si cela n’est pas suffisant pour un collaborateur concerné par l’illectronisme, il est toujours possible d’envisager des cours, des ateliers, des formations pour canaliser ses peurs, apprendre et reprendre confiance vis-à-vis de l’informatique et du numérique. En présentiel et/ou à distance, tout est de plus en plus accessible !

 

Vous êtes ou avez été concerné(e) par l’illectronisme ? Vous travaillez avec une personne concernée par cette problématique ? La parole est à vous sur nos plateformes sociales !

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