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Rendre l’information en santé accessible au plus grand nombre est un enjeu de santé publique. Pour atteindre cet objectif, SantéBD a développé des outils pédagogiques conçus pour tous, pour mieux comprendre la santé, avoir moins peur et mieux communiquer durant les consultations médicales. Rencontre avec Anne-Charlotte Dambre, pilote du projet.

Pouvez-vous présenter SantéBD ?

SantéDB a été imaginé en 2013 à la suite du rapport Pascal Jacob, qui abordait l’accès à la santé des personnes en situation de handicap. Ce dernier alertait sur une grande difficulté d’accès en raison notamment d’un manque d’outils faciles à comprendre pour expliquer très simplement et rassurer les personnes. Ce manque d’information cause de nombreux renoncements aux soins.

En 2013, l’association CoActis Santé a réuni plusieurs partenaires. A la fois des associations de patients, des institutions, des ordres, des réseaux de soins, des groupements hospitaliers. Au final, plus d’une cinquantaine d’institutions ont répondu présentes pour essayer d’imaginer ensemble un outil qui puisse être facile à utiliser par tous. L’objectif est de ne pas cibler uniquement certains types de handicaps ou de difficultés.

En résumé, l’idée de SantéBD c’est de développer des outils qui permettent aux personnes de se rassurer, de prendre soin de leur santé, de comprendre comment se déroule une consultation ou à un examen médical. Et ainsi, de consulter un médecin.

Je travaille avec un comité d’experts en communication alternative adaptée. Avec leur connaissance des différents types de handicaps, ils s’assurent que tous les outils vont être accessibles à tous.

Comment vos supports sont-ils construits ?

Nous construisons des scénarios très simples avec des illustrations. Les textes sont écrits en FALC (Facile à Lire et à Comprendre). Nos supports peuvent et doivent être compréhensibles même lorsqu’on ne lit pas grâce à l’utilisation des dessins. Une bande dessinée très simple peut prendre jusqu’à trois mois dans sa conception. Pour une bande dessinée plus complexe abordant des sujets de prévention plus compliqués, cela peut prendre jusqu’à un an.

Il est également important que ces outils soient personnalisables. En effet, un support utilisé pour les enfants ne va pas être adapté pour les adultes. Une personne qui est en fauteuil roulant ne va pas forcément se reconnaître dans les dessins de personnes valides. Nous allons aussi nous attacher à ce qu’il y ait des contrastes qui soient suffisamment forts au niveau des couleurs et des formes pour les personnes malvoyantes par exemple. Ainsi, nous essayons d’avoir une accessibilité totale.

Enfin, il y a une condition supplémentaire : que ce soit gratuit. C’est l’association CoActis Santé qui se charge de trouver des financements afin qu’il n’y ait pas de problèmes d’accès économique à nos outils.

Pouvez-vous nous expliquer le principe du Facile à Lire et à Comprendre ?

Le FALC repose sur des idées très simples. Nous faisons des phrases courtes sous la forme : un sujet, un verbe et un complément. Quand il y a un mot compliqué, on va l’expliquer très simplement. Egalement, nous utilisons une police de caractères qui est suffisamment grande pour être facile à lire. Nous travaillons sur des scénarios et textes extrêmement simplifiés pour faciliter la compréhension.

Il a pour but de faciliter l’accès à l’information aux personnes avec des difficultés de compréhension : personnes en situation de handicap, dyslexiques, personnes avec une déficience auditive ou visuelle, mais également les personnes qui ont des difficultés avec la langue française. Le FALC est finalement utile à tous.

Nous avons au sein de notre comité, un expert FALC en charge de contrôler la conformité de nos outils. De plus, nous faisons systématiquement relire nos supports par un atelier ESAT qui va valider avec nous le fait que nos supports sont bien compréhensibles par tous. Nous les faisons également tester à des personnes avec une déficience intellectuelle.

Où pouvons-nous trouver vos supports ? Sous quelle(s) forme(s) ?

Les supports sont disponibles sur notre site internet, notre application mobile et également notre chaîne Youtube. Aujourd’hui, nous comptons plus de 60 thèmes de santé. Cela représente environ 400 supports différents quand on tient compte des personnalisations.

Nous couvrons une très large part des thématiques de santé. Cependant, nous avons encore beaucoup à faire puisque des demandes arrivent tous les jours pour traiter de nouvelles maladies, prises en charge, nouveaux tests de dépistage, etc. Le champ est encore très vaste et c’est pour nous beaucoup de chances de pouvoir, en travaillant avec tous ces partenaires, aborder un peu tous les sujets pour tout type de public.

Nous mettons à disposition nos outils et nos dessins sur une banque d’images pour que chacun puisse créer ses propres outils de communication.  Nous n’allons pas aborder certains sujets de la même manière selon la personne. Ainsi, chacun peut réécrire l’histoire en adaptant. Notre maître mot c’est vraiment que chacun soit autonome, ambassadeur de sa propre santé, capable d’exprimer son consentement, ses émotions, ses peurs. 

Vous avez été très actifs pendant cette période de confinement, quel était votre objectif ?

Effectivement, pendant cette période de crise sanitaire et de confinement, nous nous sommes rendus compte que la version « poster » pouvait être intéressante pour que nos outils puissent être utilisés très simplement. On les imprime très facilement dans les familles ou dans les établissements.

Nous avons donc commencé à travailler sur les gestes barrières. Nous venions de mettre en ligne une bande dessinée sur « Je me protège contre les microbes ». C’était tout à fait naturel, finalement, d’en extraire les dessins et les conseils qu’on a déjà développés. Le coeur de notre action, c’est vraiment de faire en sorte que les gens prennent soin de leur santé.

Nous avons créé par la suite un poster sur « Je reste en bonne santé pendant le confinement » pour donner des conseils assez simples, mais finalement de bon sens. On se lève aux horaires habituels, on s’habille, on se lave, on se couche aux mêmes heures, on fait attention à ne pas grignoter entre les repas, on fait attention à son alimentation régulière. Le conseil principal est surtout de rester en contact avec d’autres personnes.

Nous avons créé une page dédiée sur notre site pour réunir tous les supports autour de la crise Covid-19 : www.santebd.org/coronavirus.

Quelles sont les prochaines étapes de développement ?

L’essentiel du développement, au delà de la production de nouveaux outils, c’est vraiment de nous faire connaître. Nos utilisateurs sont de bons ambassadeurs, mais ils sont encore trop peu nombreux alors que nous savons que SantéBD pourrait être utile à des millions de personnes : les enfants, les personnes qui ne parlent pas ou mal le français, toutes les personnes anxieuses qui cherchent des informations simples avant un rendez-vous médical.

SantéBD peut avoir un vrai impact sur la santé publique. Nous souhaitons trouver des relais en région pour faire connaître SantéBD sur le terrain à la fois auprès des établissements médico sociaux, des familles, mais également de tous les lieux de soins.

 

Cette initiative vous a plu ? N’hésitez pas à partager cet article autour de vous afin de faire connaitre SantéBD au plus grand nombre ! 

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