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Décrit pour la première fois en 1961, le syndrome de Williams est une maladie rare d’origine génétique qui se manifeste notamment par des traits physiques particuliers, une malformation cardiaque, une hypersensibilité au bruit et un retard dans les acquisitions. Encore méconnu du grand public, ce handicap souffre de nombreux préjugés.

Les personnes porteuses du syndrome de Williams et Beuren, sont, entre autre, hypersociales. Au sein des entreprises elles deviennent un atout majeur dans la cohésion des services. Ce trait caractéristique du syndrome les rend créateurs de liens.

Talentéo est allé à la rencontre de Stéphanie, maman de Charles porteur du syndrome de Williams-Beuren. En compagnie de Pierre-Emmanuel, qui a accueilli le jeune homme au sein de son entreprise, tous les trois reviennent sur l’immersion professionnelle réussie du jeune homme.

Pouvez-vous vous présenter ?

Charles : Je m’appelle Charles et j’ai 17 ans et demi.

Stéphanie : Charles est allé à la crèche de 2 à 4 ans puis à la maternelle et au CP où il a appris à lire et écrire. Ensuite, de 7 à 15 ans, il est allé en ULIS (ndlr : Unité Localisées pour l’Inclusion Scolaire). Il est depuis en IME (ndlr : Institut Médico Educatif). En section pré-professionnalisation, il passe dans différents types d’ateliers et découvre des métiers afin de trouver le bon secteur d’activité où il pourra être compétent et heureux.

Pierre-Emmanuel  : Je suis conseiller commercial véhicule neuf à la concession Audi BYmyCAR à Dijon. Charles est mon petit cousin.

Charles, vous avez effectué différents stages. Comment s’est déroulée votre intégration au sein des entreprises ?

Charles : Mes stages se sont très bien passés. J’ai été gentil et poli avec les employés. Ils ont été très gentils avec moi. Ils m’ont expliqué comment faire, et j’ai pu poser des questions. Cela a été un peu compliqué au début, car il y avait des choses un peu difficiles à comprendre, mais à la fin j’ai compris.

Quelles ont été vos missions au quotidien lors de votre dernier stage ?

Charles : Chez AUDI, j’ai lavé des voitures et aidé le magasinier. J’ai également pu regarder les mécaniciens travailler. Parfois, les mécaniciens faisaient des choses que je n’arrivais pas à faire. J’ai fait des plaques d’immatriculation, mais c’est un peu difficile avec les rivets.

Avez-vous rencontrez des préjugés sur votre handicap ?

Charles : Je ne crois pas qu’ils aient fait une différence à cause de mon handicap. Tout le monde était très gentil avec moi.

Aujourd’hui, comment vous sentez-vous par rapport au monde professionnel ?

Charles : J’aime bien travailler en entreprise, mais à l’IME je fais plus de choses différentes.

Pierre-Emmanuel, comment s’est déroulée l’intégration de Charles au sein de votre entreprise ?

Pierre-Emmanuel : Son intégration s’est très bien déroulée. J’avais préparé son arrivée dans les différents services de la concession en expliquant le syndrome de Charles à mes collègues afin qu’ils puissent lui réserver le meilleur accueil. Le premier jour, Charles est allé saluer et se présenter à tout le personnel.

Il n’y a que des points positifs. Charles a été très bien accueilli dans les différents services : commerce, après-vente, préparation de véhicules. Ils ont tous pris du temps pour Charles, lui ont expliqué leurs métiers, l’ont fait participé aux différentes tâches. Ils me demandent de ses nouvelles régulièrement.

Aviez-vous des préjugés sur son handicap ?

Pierre-Emmanuel : Malgré tous les accompagnements pouvant être mis en œuvre aujourd’hui au sein de l’entreprise, il subsiste toujours des préjugés autour du handicap. Ceux-ci portent principalement sur l’intégration de la personne concernée au sein d’une équipe, sa capacité à assumer l’intégralité des missions qui lui seront confiées dans le temps imparti. Autre exemple de préjugé en entreprise : la personne en situation de handicap serait davantage absente pour raisons de santé.

Quel est votre regard sur l’intégration des personnes en situation de handicap dans le monde professionnel ?

Pierre-Emmanuel : Le Groupe BYmyCAR est engagé dans une politique ambitieuse de lutte contre les discriminations, mais aussi de maintien et de développement du travail des personnels reconnus comme travailleurs handicapés.

Cette politique est soutenue par notre Directeur Général ainsi que notre Directeur des Ressources Humaines. Il est ainsi demandé à chaque manager d’être particulièrement vigilant quant au bien-être au travail de nos collaborateurs en situation de handicap.

Ainsi, à titre d’exemples, nous avons commencé à mettre en place en 2019 sur chacune de nos concessions des ateliers de sensibilisation auprès de tout le personnel. Nous avons formé nos gestionnaires en Ressources Humaines. Nous avons également créé des partenariats avec divers organismes tels que CAP Emploi, le SAMETH, EXECO, EPITH et divers ESAT et Entreprises Adaptées.

Stéphanie, comment avez-vous accompagné votre fils pour découvrir le monde professionnel ?

Stéphanie : Nous avons essayé le plus possible de profiter des différentes occasions pour permettre à Charles d’avoir des petites expériences professionnelles : stage de collège, stages avec l’IME. C’était à chaque fois des durées d’une semaine, mais il en a fait, du coup, plus qu’il ne fallait !

Il a été accueilli à chaque fois dans des structures où quelqu’un le connaissait déjà et connaissait ses difficultés. Il a donc toujours été dans des environnements « bienveillants ».

Nous avons essayé également de varier les secteurs d’activité afin de voir ce qui lui correspond le plus : restauration, carrosserie, garage automobile, menuiserie. Il sait maintenant ce qu’il n’aime pas, faute de savoir ce qu’il aime vraiment !

En plus de connaître ses préférences, il faut tenir compte de ce qu’il est en capacité de faire.

Avez-vous vous vu des changements après ces expériences ?

Stéphanie : Oui, grâce à ces stages, il a grandi en maturité. Il a gagné également de l’estime de lui-même et de la confiance, car ces expériences ont été quasiment toutes très positives et bienveillantes.

Quels messages souhaiteriez-vous passer à nos lecteurs ?

Charles : Il faut bien respecter les consignes que donne le chef d’entreprise ou de service. Il faut être le plus autonome possible et travailler en équipe aussi.

Stéphanie : Charles nous a surpris et a accompli des tâches ou des expériences que nous ne pensions pas réalisables. Il faut donc aller au-delà de ses appréhensions, moins les « surprotéger » et leur faire plus confiance !

 

Vous souhaitez en savoir plus sur le Syndrome de Williams et Beuren ? Rendez-vous sur les plateformes sociales de l’association « Autour des Williams » et de Talentéo !

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