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A la suite d’une maladie ou d’un accident qui a touché le cerveau (traumatisme crânien, tumeur, accident vasculaire cérébral…), des difficultés liées au traumatisme peuvent apparaître. Le Centre Ressources pour Lésés Cérébraux est une structure spécialisée qui propose d’aider dans différents domaines dont l’emploi. La rédaction de Talentéo est partie à la rencontre du centre de Grenoble pour en savoir plus.

Le C.R.L.C, Centre Ressources pour Lésés Cérébraux, est une structure médicosociale qui dépend de la Fondation Santé des Etudiants de France. Fort de 5 services, il accueille des enfants et adultes présentant des lésions cérébrales acquises consécutives à un traumatisme crânien, un AVC ou une tumeur cérébrale. Les personnes porteuses d’épilepsie, de troubles dys, ou encore de Troubles du Spectre Autistique sont également accompagnées sur certains de ces services.

En fonction de la demande et des besoins identifiés, 3 services peuvent intervenir sur le champ professionnel auprès de la personne concernée : S.P.A.S.E (Service Personnalisé d’Accompagnement et de Suivi vers et dans l’Emploi), U.E.R.O.S (Unité d’Evaluation de Ré-entrainement et d’Orientation Socioprofessionnel) et ESAT hors Murs « le Métronome ». Au sein de ces services, les usagers travaillent sur :

  • l’élaboration du projet professionnel,
  • l’évaluation des compétences et de l’employabilité par des stages et mises à disposition,
  • l’insertion en milieu ordinaire de travail,
  • la formation,
  • la réorientation.

Deux parcours de vie pour illustrer la complémentarité de l’accompagnement professionnel

Le C.R.L.C offre différents services. Parmi eux, le S.P.A.S.E qui accueille des personnes titulaires d’une RQTH suite à des troubles cognitifs et des difficultés d’apprentissage en raison de troubles dys, d’une lésion cérébrale ou de troubles du spectre de l’autisme (asperger). Le S.P.A.S.E les aide à s’orienter, mais aussi à accéder à une formation ou un emploi. Il propose également un accompagnement sur un poste de travail.

Le parcours de Kevin

Kevin, 20 ans, intègre le service SPASE à la demande de CAP EMPLOI. Le jeune homme dit présenter tous les dys. La dyslexie et la dyscalculie l’empêchent de valider un diplôme. La dyspraxie le gêne en situation d’emploi. Kevin a essayé la pâtisserie et la boulangerie en apprentissage, mais les employeurs se plaignent de sa lenteur et de ses maladresses. La demande de Kevin est de trouver un métier adapté à ses difficultés. En parallèle, il souhaite qu’on prenne en compte sa passion pour la cuisine.

Après un long travail d’élaboration de projet, la chargée d’insertion de S.P.A.S.E positionne le jeune homme en entreprise d’insertion en cuisine. Le contrat aidé lui permet d’avoir du temps pour acquérir les gestes professionnels.

Des points réguliers avec l’entreprise et le salarié sont organisés pour évaluer des points d’amélioration. La chargée d’insertion propose des aides de compensation comme des procédures écrites. Kevin affine son projet professionnel afin de préciser l’orientation en prenant compte des compétences acquises durant le contrat d’insertion : cuisine gastronomique ou collective ? Snacking ou sandwicherie ? Petit à petit, il reprend confiance en lui et espère valider un diplôme. La chargée d’insertion de S.P.A.S.E lui conseille d’intégrer une formation qualifiante auprès d’un organisme adapté.

Ainsi, le S.P.A.S.E intervient par un suivi personnalisé qui s’inscrit dans la durée, sur toutes les étapes du projet professionnel en milieu ordinaire : orientation, accès à la formation, accès à l’emploi, maintien sur le poste.

Le parcours de Marie

Marie, 26 ans, intègre quant à elle l’U.E.R.O.S. Il s’agit d’un bilan global (médicosocial et professionnel) étalé sur 5 mois dans un collectif de 12 stagiaires. Chacun a une histoire différente. Le point commun : une interruption de carrière liée à la lésion cérébrale acquise. Pour Marie, un accident de voiture en 2011 est à l’origine de son traumatisme crânien. Elle était étudiante en pharmacie. Depuis, elle est gênée au quotidien par ses problèmes de concentration, et est en difficulté pour mémoriser plusieurs informations simultanées. Elle se fatigue vite. Cet état persiste avec les années. A son entrée sur l’UEROS, Marie renonce à travailler en pharmacie. Ainsi, elle décide de changer d’orientation. Elle évite de parler de son handicap à un employeur. En effet, son apparence ne laisse rien entrevoir de ses limites.

Le bilan U.E.R.O.S permet de re-dynamiser les parcours des personnes par un programme de ré-entrainement proche d’un rythme scolaire. Marie participe à des séances de formation collectives (droits sociaux, mobilisation sur le projet professionnel, participation à des sorties culturelles). Elle bénéficie d’un accompagnement personnalisé par des entretiens individuels avec les professionnels de l’équipe (médecin, psychologue, neuropsychologue, ergothérapeute, éducateur spécialisé, chargé d’insertion).

Marie effectue plusieurs stages en entreprise et s’intéresse aux métiers de l’animation. Ces périodes d’immersion permettent de repérer des qualités relationnelles et un respect du cadre (horaires, assiduité, consignes). L’objectif est de reprendre confiance et de repérer ses propres limites. La jeune femme prend conscience de sa fatigabilité et de la nécessité d’évoquer son handicap. Elle a besoin de temps pour réajuster son projet professionnel et faire le bon choix d’orientation. Un aménagement de son poste de travail est nécessaire.

A l’issue des 5 mois, Marie souhaite continuer à être accompagnée dans ses choix d’orientation. L’U.E.R.O.S propose un relais avec l’ESAT Hors les Murs.

Vers le statut de travailleur en milieu protégé

En intégrant l’Esat Hors Murs le Métronome, Marie obtient le statut de travailleur en milieu protégé. L’équipe évalue ses capacités, compétences et difficultés. Sa chargée d’insertion l’accompagne dans sa réflexion autour du projet qui pourra être ajusté tout au long de son parcours.

A l’Esat, Marie décide de s’engager sur le métier d’assistant administratif. Elle réalise une période d’immersion de 15 jours au sein du service RH d’une collectivité. La jeune femme prend en charge le traitement des demandes de stage, la saisie et mise à jour des bases de données ainsi que l’archivage de documents.

L’Esat est très présent à travers des échanges et des points réguliers. Par ailleurs, l’ergothérapeute intervient pour mettre en place des moyens de compensation en rédigeant une procédure d’archivage. Le bilan de fin de stage, satisfaisant, conforte Marie dans cette voie. La chargée d’insertion propose alors sa candidature au sein d’un grand groupe. Ce dernier, collabore de longue date avec des travailleurs en situation de handicap. Son profil ne tarde pas à intéresser des managers sensibles à la diversité de leurs équipes. Après avoir réfléchi sur les tâches qui pourraient lui correspondre, la direction du groupe lui propose un stage suivi d’une mise à disposition de 3 mois.

L’équipe Esat est de nouveau mobilisée pour faciliter son intégration en milieu ordinaire. Ils sensibilisent ses futurs managers à ses difficultés. Un accompagnement qui permet de rassurer Marie tout en sécurisant son parcours afin de lui permettre, à terme, d’évoluer sur un contrat de droit commun.

Le Centre Ressources pour Lésés Cérébraux est une véritable ouverture vers l’extérieur. Les actions d’accompagnement, de soutien et de formation proposées permettent une meilleure insertion professionnelle de ses usagers.

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